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Accompagnement des adultes surdoués

Longtemps incompris et exclus de la clinique psychologique, les adultes surdoués (ou HP) sont de mieux en mieux compris et accueillis dans les consultations psychologiques et psychiatriques. Grâce à la littérature et internet, les demandes de consultations autour de ces questions par ailleurs sont devenues nombreuses. Pourtant, les confusions demeurent, les errances thérapeutiques sont encore nombreuses et les traitements souvent peu efficaces, laissant toute une frange de patients isolés ou en souffrance. Il est important de développer des prises en charges thérapeutiques adaptés à ces patients en quête de sens et de compréhension, de soi et des autres.

Qu’est-ce que l’intelligence ? C’est faire des liens, se saisir du monde (de manière perceptive). Les liens entre la sensibilité (à travers les sens) et la capacité de faire du lien avec sa réflexion sur le monde, en fonction de ce qu’on a appris. Plus l’intelligence est élevée (perceptive et cognitive) plus on se pose des questions et donc plus on doute, on remet en question, on demande de réponses absolues. Mais chaque réponse est un nouveau point de départ pour de nouvelles questions (« Plus on sait, moins on en sait » – Socrate). Il faut savoir que plus on a une intensité de penser, plus on doute du monde et de soi. D’où les questionnements existentiels qui émergent. Il y a une part lumineuse et une part plus sombre du doute et du questionnement. Saisir le moindre murmure du fonctionnement du monde, cela peut générer et entretenir des peurs et des angoisses. L’objectif est alors de retrouver une flexibilité dans le fonctionnement, d’aller chercher des ressources de notre passé et de notre présent « pour pouvoir danser dans le monde » (Jeanne Siaud-Facchin).

Des caractéristiques cognitives et affectives différentes

  • Hyperactivation cérébrale
  • Vitesse de transmission et collaboration hémisphérique
  • Déploiement de la pensée
  • Hypersensibilité émotionnelle
  • Intelligence perceptive
  • Procrastination, anxiété
  • Hyper-empathie
  • Désir d’autonomie
  • Questionnements existentiels (le vide, le sens, la liberté, la mort…)
  • Lucidité
  • Remise en question de l’autorité
  • Intolérance à l’injustice
  • Créativité, intuition
  • Sentiment de décalage
  • Hyperadaptation
  • Questionnement identitaire
  • Faible résistance à l’ennui

Surdoué, haut potentiel… : de quoi parle-t-on ?

Surdoué, EIP, Précoce, HPI, Haut Potentiel, Zèbre, philo-cognitif… tous ces différents termes créent une confusion et on s’y perd, mais ils veulent tous dire la même chose. Le QI des bilans psychologiques n’est qu’un indicateur en réalité, ce qui est évalué ce sont les compétences cognitives, émotionnelles et intellectuelles. C’est une de. analyse des mécanismes et des procédures selon le mode de fonctionnement et de la personnalité. Etre surdoué, c’est avant tout avoir un mode de fonctionnement spécifique. C’est l’intrication entre une puissance intellectuelle et une hypersensibilité/empathie. Le mode de fonctionnement et de la personnalité sont différents de manière qualitative et non quantitative. C’est pour cela que les surdoués se sentent en décalage. Entre l’hypecactivation cérébrale, la sensibilité à fleur de peau, l’hyperadaptation, la quête identitaire, la pensée englobante et les questionnements existentiels… ils sont souvent frustrés et prosternés dans le monde dans lequel ils vivent, sans parler de l’ennui perpétuel, ils sont besoin d’être sur stimulés. Ne supportant pas les personnes fausses, ils ont de nombreuses valeurs et cherchent l’intégrité autant que la simplicité. Parfois, leur très haute sensibilité les amène dans un repli cognitif, et ils sont plus aptes à faire des Burn Out dans le cadre professionnel. « Touche à tout » leur curiosité n’a pas de limite dans cette arborescence de pensée, ce qui les rend souvent incompris : « Tu ne finis rien de ce que tu fais ». Finir une tâche les stimule peu, ce qu’ils aiment surtout c’est la commencer, créer, découvrir, apprendre, s’interroger… Mais faire des hypothèses et des contre-hypothèses sème parfois le doute et nourrit l’anxiété. Qui suis-je ? Ou vais-je ? A quoi tout cela sert-il ? Leurs questions identitaires et existentiels font qu’ils ont parfois besoin d’être écoutés et entendus dans un cadre thérapeutique, où ils n’ont pas besoin d’expliquer leur fonctionnement mais parfois même qu’on leur explique pour eux. Les échanges, la possibilité de poser toutes les questions, un travail sur la méta-cognition, sur les émotions et un travail sur les doute/les choix permettent rapidement d’apporter un soutien thérapeutique adéquat aux personnes qui « pensent trop ».

Du cognitif à l’affectif, comprendre le cerveau du surdoué

L’hyperactivation cérébrale implique que les réseaux de neurones sont activées de façon continue et les phases de repos sont moins fréquentes et conservent un niveau d’activation à minima. Pour le surdoué, cela se traduit par cette sensation constante d’en avoir « plein la tête ». La vitesse de transmission accentue la sensation : électriquement les informations sont transmises plus rapidement et vont être distribuées dans le cerveau sur un mode multispatial : toutes les ères cérébrales prennent en charge l’information, quelle qu’en soit la nature. L’information n’est pas traitée par la zone spécifique habituellement impliquée.

nCe qui génère une vision holistique de toute information mais complique la possibilité de focaliser l’attention sur l’information pertinente et le traitement séquentiel de l’information. La pensée se déploie en arborescence et à très grande vitesse. Sans interruption. Sans hiérarchie des données perçues simultanément par l’ensemble des sens. La transcription de la pensée en mot est rendue plus difficile, la structuration verbale est fragilisée, les images deviennent dominantes.

nIl est souvent bien en difficulté pour expliciter les étapes de sa pensée. Il n’a pas, lui-même, de visibilité sur ses propres mécanismes de résolution de problème ou de réflexion. Il ne peut pas, il ne sait pas les justifier. Mécanismes à l’origine de bien des incompréhensions réciproques .

Etre surdoué : une façon d’être au monde

Etre surdoué n’est pas être quantitativement plus intelligent mais c’est fonctionner avec une intelligence qualitativement différente. Avec une hypersensibilité, une réactivité émotionnelle exacerbée, une réceptivité affective, une extrême empathie dont l’ampleur et l’intensité envahissent le champ de la pensée. L’ingérence affective est constante, qui s’associe avec d’immenses capacités de compréhension, d’analyse et de mémorisation qui créent cette lucidité aiguisée sur le monde. Penser trop et sans relâche, c’est aussi épuisant. Les pauses sont nécessaires pour « recharger les batteries » également dû à l’absorption du monde et à la sensibilité perceptive et sensorielle. Le cognitif et l’affectif, intimement intriqués, signent une personnalité atypique qu’il faut savoir comprendre et accepter, surtout dans sa différence et ses singularités. Le thérapeute est alors une personne ressource qu’on a testé et à qui on peut accorder sa confiance, les échanges et les progrès sont alors significatifs. Dans la réalité cognitive, les réseaux de neurones se sont activées à grande vitesse à l’insu de la conscience. Ce qui ne permet pas ni d’en repérer le tracé, ni de les contrôler. La puissance de pensée crée une impuissance métacognitive : le surdoué ne sais pas pourquoi ni comment il sait. Sur un plan émotionnel, une vulnérabilité particulière de l’amygdale a été repérée et vient expliquer l’hyper réactivité émotionnelle. Le surdoué réagit avec une intensité exacerbée à la moindre vibration émotionnelle de l’environnement. L’hyperesthésie (capacité développée de l’ensemble de cinq sens) renforce cette hypersensibilité affective toute perception est amplifiée, grossie, démultipliée. Le surdoué voit ce que les autres ne voient pas, entend ce que les autres ne perçoivent pas, ressent fortement et parfois violemment ce qui échappe à la plupart d’entre nous. La grande susceptibilité, retrouvée dans tous les profils de surdoué, est une des conséquences de ce processus neuropsychologique de sensibilité émotionnelle exacerbée et mal contrôlée. Les débordement émotionnels, en sont la pleine expression.

Objectifs thérapeutiques

  • Travailler les incidences positives et négatives de son mode de fonctionnement
  • Appréhender les problématiques psychologiques dans la vie quotidienne
  • Comprendre ses caractéristiques cognitives et affectives
  • Flexibiliser son fonctionnement et développer des stratégies alternatives
  • Apprendre à développer ses ressources et ses forces de vie à travers ses spécificités
  • Accéder à une meilleure compréhension de son propre fonctionnement
  • Etre accompagné dans sa vie et sa quête existentielle
  • Aider à devenir qui on est et pas qui on devrait être

SAVOIR QUI ON EST POUR SAVOIR OU ON VA

Bibliographie

 

 

 

LE BON ET LE MAUVAIS STRESS

 



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