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Les différentes approches thérapeutiques en France

La psychothérapie désigne le traitement ou l’accompagnement par un individu formé à cela, d’une ou plusieurs personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d’autres types d’interventions à visée thérapeutique (médicaments, neurostimulation, etc.). Suivant les patients (enfant ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l’intervention, il existe de nombreuses formes de psychothérapies qui s’appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques diverses et parfois contradictoires. La plupart reposent néanmoins sur l’établissement d’une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d’un contrat explicite de soin. Elle se distingue en cela des pratiques d’accompagnement de l’individu sain (coaching, développement personnel) parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire.

Les différentes approches thérapeutiques qui existent en France

  • La Thérapie Intégrative
  • La Thérapie de soutien
  • Les Thérapies Psychanalytiques
  • La Psychanalyse
  • Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC)
  • Les thérapeutiques médicamenteuses
  • La Gestalt Thérapie
  • L’Analyse Transactionnelle
  • La Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV)
  • L’Approche Centrée sur la Personne (ACP)
  • L’EMDR
  • Les thérapies de couple
  • Les thérapies familiales systémiques
  • Les thérapies de groupe
  • L’Hypnose thérapeutique
  • L’Art Thérapie
  • Le Psychodrame
  • Les thérapies fondées sur le sens (Logothérapie, Thérapie Existentielle)
  • La Psychogénéalogie
  • L’Ethnopsychologie
  • La Luminothérapie
  • La Musicothérapie
  • La Zoothérapie
  • Les Thérapies Psycho-Corporelles
  • La Thérapie Interpersonnelle

La thérapie intégrative

L’éclectisme en psychothérapie n’est pas une nouvelle technique, mais une nouvelle manière de concevoir la pratique. Ce mouvement est né aux États-Unis voici plus de trente ans. Il a suscité des oppositions que l’on retrouve aussi en France, où son introduction date de 1993, date de la création de l’Association française pour l’intégration et l’éclectisme en psychothérapie (Afiep). En effet, la tendance à l’éclectisme procède d’un mouvement général de la pensée humaine qui, au cours de l’histoire, a mieux réussi en art qu’en philosophie, ses deux domaines principaux d’expression. En France, l’échec de la tentative du philosophe Victor Cousin, au XIXe siècle, l’a discrédité.

De nombreux patients s’interrogent sur le choix d’un type de psychothérapie. Cette question traduit un légitime embarras devant la profusion des techniques dont on évaluait déjà le nombre à plus de 400 dans les années 1980, même si l’on peut le réduire à 7 grands groupes (hypnose, psychanalyse et apparentés, thérapies comportementales et cognitives, thérapies humanistes ou californiennes (rogérisme…), thérapies de groupe et psychodrame, thérapies psychocorporelles (relaxation…), et thérapies institutionnelles. Cet embarras est aussi celui des médecins prescripteurs qui en connaissent mal les indications : elles demeurent imprécises.

Par ailleurs on a reproché aux différentes écoles de psychothérapie une attitude « procustéenne », c’est-à-dire qu’elles présentent souvent des systèmes clos et rigides ne prenant pas suffisamment en compte la complexité et la singularité des patients. A l’opposé, l’attitude éclectique vise à leurs besoins, la pureté doctrinale dût-elle en souffrir. En effet, plusieurs études s’accordent à montrer que 30% des améliorations constatées chez les patients sont imputables à des facteurs communs aux psychothérapies. Pour le reste, 40% seraient dus à l’amélioration spontanée, 15% à l’expectation positive (c’est à dire à un « effet de liste d’attente »), et seulement 15% des changements seraient attribuables aux spécificités de la technique psychothérapeutique mise en oeuvre. Forts de ce constat, les théoriciens des psychothérapies éclectiques étudient ces facteurs communs pour mieux les comprendre, mieux les appliquer, et surtout mieux les enseigner. Ils sont au nombre de 6 : la force de la relation patient-thérapeute, les méthodes qui accroissent la motivation, l’augmentation du sentiment d’efficacité personnelle, l’exposition à de nouvelles expériences d’apprentissage, la régulation des émotions et l’opportunité de pratiquer de nouveaux comportements. LA relation thérapeutique (ou « alliance thérapeutique ») a été très étudiée, et permet à elle seule de pronostiquer à 75% l’issue favorable d’une psychothérapie.

On distingue plusieurs courants dans le mouvement de l’éclectisme, comme celui dit des facteurs communs et celui dit des facteurs communs et celui de la combinaison de Lazarus, créateur de la thérapie multimodale, qui conserve les meilleurs aspects des diverses techniques. Le mouvement de l’éclectisme élargi, lui, étudie l’association des médicaments et des psychothérapies. Par exemple, au diplôme universitaire de psychothérapie de l’université Lyon-I, les étudiants sont formés à la théorie et à la pratique des facteurs communs. Cela leur offre une assise pour s’orienter librement ensuite vers une formation plus spécifique. Outre celui de mieux répondre à l’attente des patients, l’intérêt de cette approche, qui doit se baser sur les résultats de travaux scientifiques rigoureux, est aussi de faire tomber les barrières et les exclusives, et de favoriser le dialogue entre les différentes écoles. Il ne s’agit pas pour autant de l’oecuménisme terne et insipide avec lequel on le confond trop souvent. Cependant, ce point de vue éclectique a subi d’importantes critiques : risques de syncrétisme, de mégalomanie, de subjectivité incontrôlée, de désorienter le patient, etc. Elles sont d’autant plus légitimes que la référence à l’éclectsime tend à devenir pour certains une voie de facilité. C’est pourtant une erreur de l’envisager sans référence théorique ni formation pratique. Les critiques doivent donc être prises en compte pour affiner la pratique, mais s’effondrent quand celle-ci est rigoureuse.

Le point de vue intégratif est associé à l’éclectisme. Grâce à la notion de facteurs communs, l’intégration vise à élaborer une théorie générale ou métathéorie synthétisant les différentes théories de base, en respectant leur spécificité. L’approche intégrative et éclectique est une nouvelle manière d’envisager la théorie et la pratique des psychothérapies. L’approche intégrative est encore à venir; elle est en recherche et en perspective.

La thérapie de soutien

Le terme psychothérapie de soutien définit un objectif thérapeutique qui ne renvoie pas à une catégorie clairement définie. Une telle psychothérapie se distingue de psychothérapies visant à modifier la personnalité. L’objectif de la psychothérapie de soutien est d’aider la personne à supporter ses symptômes ou ses problèmes généraux, d’apporter un soutien moral. Ce qui est aussi le point de départ de toutes les autres psychothérapies.

Elle se distinguent des autres méthodes thérapeutiques car elle n’emploie pas de technique spécifique. Elle peut par contre prendre pour base les facteurs communs. Comme la création d’une relation d’alliance thérapeutique, des moments d’expression des émotions douloureuses jusqu’alors évitées, le développement de nouvelles habilités, l’accroissement de l’espoir, … Grencavage et Norcross (1990) ont décrit ces six facteurs de changement les plus cités dans la littérature. Dont, par la suite, la mise en application d’une théorie qui expliquera sa souffrance et conduira à la prescription de méthodes de changement. Ce qui impliquera donc ensuite l’application d’une technique thérapeutique plus précise et surtout ne dépendant pas des compétences du clinicien mais des caractéristiques du patient. Car ne s’agit il pas, pour une question d’efficacité, d’adapter le patient à une technique mais plutôt, d’adapter la technique au problème du patient.

Il ne s’agit donc pas d’une thérapie cognitivo-comportementale, qui est une technique à part entière; mais les thérapies cognitives possèdent parfois le point commun de rechercher l’adaptation au symptôme plutôt qu’une modification majeure. Il faut également distinguer la psychothérapie de soutien de l’aide psychologique donnée dans l’urgence aux victimes d’un évènement potentiellement traumatique.

Les thérapies psychanalytiques

La psychanalyse est avant tout une méthode d’observation de la pensée, celle d’autrui (la cure psychanalytique) ou de soi-même (autoanalyse). Elle est une pratique d’écoute qui permet la découverte des mouvements inconscients de l’esprit. Pour s’en approcher, le psychanalyste invite la personne à dire ce qui lui vient spontanément à l’esprit, cette méthode de « libre association » constituant la « règle fondamentale » de la relation analytique. Cette dernière prend place dans un cadre aussi neutre que possible, afin que l’esprit ne soit sollicité par aucune altération venant de l’extérieur, ni invité à aucune tâche mentale particulière.

Dire tout ce qui passe par la tête implique, et c’est ce qui fait toute la difficulté, d’observer ses propres pensées, leurs enchaînements, les émotions qui les accompagnent, et d’en rendre compte au psychanalyste. C’est d’ailleurs de cette manière que le psychanalyste écoute le sujet, laissant émerger en lui ses propres associations. Il peut ainsi établir des liens passés inaperçus entre les pensées, les affects qui les accompagnent et leurs significations inconscientes. Au début l’analysant a surtout tendance à décrire les évènements de sa vie, ses dispositions conscientes, la manière dont il vit la situation… Il s’adresse au psychanalyste pour l’intéresser, l’émouvoir ou, parfois, le provoquer. Ce n’est que progressivement qu’il déplace son attention de ce dont il parle vers le « pourquoi » de ses paroles. Après avoir surtout évoqué sa vie et lui-même, après avoir conservé et débattu avec le psychanalyste, l’analysant observe ce qui l’occupe à la manière dont des scènes viendraient se jouer sur un théâtre dont il est à la fois le cadre et le spectateur. Au « je pense que » tend à se substituer, avec les progrès de la cure, un « ça passe en moi ».

Les contours de pensée qui sont ainsi sollicités par la règle fondamentale et le cadre pourront être conscients, ou refoulés mais accessibles à la prise de conscience, ou encore ils peuvent échapper à tout accès direct à la conscience. Ils se réfèrent à toutes les expériences vécues, présentes ou passées. Toutefois, ce qui va surtout occuper l’esprit du sujet, c’est ce qui touche à sa vie affective, ses désirs et ses craintes, les mouvements dirigés vers une situation désirée ou au contraire les mouvements de rejet, de destruction et de fuite contre les menaces qu’il redoute. Dans la plupart des cas, ces évocations chargées d’affect se dirigent vers la personne du psychanalyste lui-même (c’est l’effet de « transfert »). L’analyste  demeurant neutre vis-à-vis de ce qui se déroule dans la vie du sujet, est sensible aux effets de copensée (empathie) et au transfert (contre-transfert).

La psychanalyse est donc un processus de transformation de la vie mentale auquel accède le sujet par un change continu intensif avec le psychanalyste. Ce processus, voulu en principe par le sujet qui s’engage, est néanmoins l’objet d’une résistance mutuelle, de l’appareil psychique (normal ou altéré). La vie de l’esprit se trouve ainsi occupée par des tensions internes pénibles, alimentant des résistances que le psychanalyste se doit de réparer.  Ses interventions ne sont d’ailleurs ni des suggestions ni des prescriptions, mais seulement, en principe, des interprétations.

La psychanalyse

D’un point de vue historique, la psychanalyse est une technique psychothérapeutique provenant de la cure cathartique de Joseph Breuer appelée «talking cure», du fait qu’elle repose essentiellement sur la parole. Elle est fondée sur l’exploration de l’inconscient à l’aide de l’association libre et son principe est la levée des refoulements pathogènes. Elle s’appuie pour cela sur l’interprétation de la « névrose de transfert ».

Dans la définition qu’en donnait Sigmund Freud, la psychanalyse est le nom : d’un procédé d’investigation des processus psychiques, qui autrement sont à peine accessibles, d’une méthode de traitement des troubles névrotiques, qui se fonde sur cette investigation, (cure psychanalytique), et d’une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui fusionnent en une discipline scientifique nouvelle).

La psychanalyse est actuellement « marginale » sauf en France et en Argentine. Cette pratique est très fortement controversée. Le succès du cas fondateur Anna O. est un mensonge selon Jones et Freud rapporté par Jung. La correspondance de Freud montrerait la faiblesse des traitements. Selon Lacan en 1977, elle est une « escroquerie ». De nombreuses affirmations de Bettelheim seraient des « impostures »avérées (Pollak). Pour d’autres auteurs, la psychanalyse est « un mythe » (Moscovici), « un substitut de religion » (George Steiner), une « pseudo-science » (Karl Popper), « peu efficace et peut aggraver l’état d’un patient » (Van Rillaer).

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC)

L’approche comportementale et cognitive postule que nos attitudes sont le résultat d’un mélange de tendances innées, d’influences de l’environnement, mais aussi d’apprentissages de vie, conscients et inconscients, réussis ou non. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) s’attachent donc à la prise de conscience de ces influences, et surtout à la mise en place volontaire de nouveaux apprentissages destinés à augmenter nos capacités de bien-être et de libre arbitre face à notre condition biologique, au poids de notre passé, et aux pressions de l’environnement. « L’expérience instruit plus sûrement que le conseil », écrivait André Gide. De fait, ce qui caractérise peut-être le mieux les TCC, aux yeux d’un observateur extérieur, c’est la démarche de terrain, le recours systématique aux mises en situation pour compléter l’introspection. Ces allers-retours entre réflexion et expérimentation, entre cabinet de consultation et travaux pratiques dans la vie de tous les jours, ainsi que l’exploitation méthodique des enseignements retirés, sont une caractéristique forte des TCC. Ainsi, les séances d’exposition in vivo chez un patient phobique permettent de l’accompagner dans les situations qu’il redoute, afin de l’aider à y combattre «pour de vrai» les montées de panique. Ou encore les exercices d’affirmation de soi chez un patient timide consistent en des jeux de rôle mettant en scène les situations redoutées (faire une réclamation, entrer en contact avec un inconnu…). Les TCC se caractérisent aussi par un style de relation thérapeutique qui diffère de l’image d’Épinal du psychothérapeute neutre et silencieux, et qui procède par questions plus que par conseils. Dans les TCC au contraire, le thérapeute se veut:

  • interactif (il discute, propose)
  • explicite (aucune de ses attitudes ne doivent apparaître mystérieuses ou obscures au patient)
  • pédagogique (il consacre beaucoup de temps à expliquer les mécanismes du trouble psychique et à clarifier le pourquoi des choix thérapeutiques)
  • prescriptif (il demande au patient d’effectuer des exercices ou de tester de nouvelles façons de réagir)
  • expérimentaliste (il ne présente pas ses prescriptions comme des commandements mais comme des expériences: « Voyons si, en procédant ainsi, les choses se passent mieux »)

Les TCC sont des thérapies brèves. Le plus souvent, les durées sont comprises entre six mois (phobies spécifiques) et deux ans (troubles de la personnalité). Mais on pourrait dire aussi qu’elles sont des thérapies à terme défini: thérapeute et patient évaluent régulièrement l’avancement de la thérapie, afin de convenir d’une interruption ou d’une nouvelle séquence thérapeutique. Car cette vision de thérapie à court terme ne peut s’appliquer à certains troubles dans lesquels existe une vulnérabilité chronique, souvent biologique (schizophrénie ou maladie bipolaire). Ces patients, après une phase de thérapie dans laquelle ils auront appris à faire reculer leurs symptômes aussi loin que possible, vont souvent se trouver confrontés ensuite à des risques de résurgences symptomatiques, liées à des évènements de vie déstabilisants ou au génie propre de la maladie. Ils nécessitent alors un accompagnement au long cours de la part du thérapeute, qui relancera leurs efforts d’ajustement au quotidien et les aidera lors des fléchissements. C’est toute la question de la guérison qui est ainsi posée. Peut-on guérir de certains troubles, ou bien ne peut-on qu’apprendre à faire reculer le handicap qui leur est lié? Ce problème n’est pas propre à la psychiatrie, mais se retrouve aussi dans toute la médecine: on ne «guérit» pas d’une hypertension artérielle ou d’un diabète. Mais, bien soignés et bien suivis, et à condition qu’ils adoptent des règles de vie précises, la plupart des patients hypertendus ou diabétiques mènent une vie normale dans laquelle le poids de la maladie est minime. Il semble en être de même en psychiatrie.

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) ont connu trois générations successives : une première comportementale (1950-1980), une deuxième qui correspond à la révolution cognitive (1980-1990), enfin la vague « émotionnelle » de 1990 à nos jours. Bien que les contours de cette troisième vague demeurent flous, elle correspond principalement à plusieurs courants.

  • La thérapie des schémas de Jeffrey Young
  • La thérapie de pleine conscience (mindfulness training)
  • La thérapie dialectique comportementale de Marsha Linehan
  • La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) de Steve Hayes

Les thérapeutiques médicamenteuses

Des travaux considérables de l’industrie pharmaceutique ont, depuis 1952, multiplié le nombre de psychotropes, en les rendant toujours plus efficaces et mieux tolérés. Ces travaux ont permis de surcroît de commencer à deviner les mécanismes biologiques qui sont à la base des troubles psychiatriques. Ces médicaments ou psychotropes, n’ont aucune vertu curative. Ce sont comme des « aspirine de l’esprit », elles ne font que soulager les symptômes, les réduire et non les guérir.

Plus précisément, un psychotrope (trope - « qui agit, qui donne une direction », psycho – « à l’esprit ou au comportement ») est une substance qui agit principalement sur l’état du système nerveux central en y modifiant certains processus biochimiques et physiologiques cérébraux, sans préjuger de sa capacité à induire des phénomènes de dépendance, ni de son éventuelle toxicité. En altérant de la sorte les fonctions du cerveau, un psychotrope induit des modifications de la perception, des sensations, de l’humeur, de la conscience (états modifiés de conscience) ou d’autres fonctions psychologiques et comportementales. Ces médicaments sont consommés partout, mais ce sont les français qui en consomment le plus devant tous les pays occidentaux. Nous en consommons en France autant qu’aux Etats-Unis qui sont pourtant quatre fois plus peuplés. Plusieurs principes doivent être gardés à l’esprit : ne pas les prendre trop longtemps, et respecter les doses et la posologie. Et il est inutile d’associer deux psychotropes de même action.

Les antidépresseurs sont des médicaments qui peuvent corriger et relever l’humeur dépressive jusqu’à atteindre de nouveau l’état normal et dont la plupart peuvent également diminuer l’intensité des troubles anxieux associés ou non à la dépression (anxiété forte, angoisse, crises de panique, troubles obsessionnels compulsifs).

Les anxiolytiques (ou tranquillisants) sont des médicaments prescrits contre les troubles anxieux. Ils en soulagent certains symptômes, mais non les causes. Une anxiété générale ou une phobie demandent une psychothérapie pour être traitée sur le fond.

Les somnifères (ou hypnotiques) sont une classe de médicaments  ayant la propriété d’induire le sommeil, ou pour aider des personnes qui auraient du mal à dormir.

Les neuroleptiques (ou antipsychotiques) sont des médicaments de type tranquillisants, anti-délirants et contre la désorganisation des pensées à effet neurobiologique. Ils sont utilisés notamment dans le traitement de certaines affections psychiatriques telles que la schizophrénie, les troubles bipolaires et certains autres syndromes comportant des hallucinations, un délire et de l’agitation psychomotrice.

La Gestalt thérapie

La Gestalt-therapie, aussi appelée Gestalt, est une psychothérapie qui vise à la résolution des troubles émotionnels et comportementaux par un travail sur les processus psychologiques et corporels de l’individu. Elle fut créée notamment par Fritz Perls, un psychiatre et psychanalyste allemand, émigré en Afrique du sud puis aux Etats-Unis. La Gestalt s’intéresse particulièrement au contact et à la mise en relation par l’expression des émotions. Elle propose une méthodologie qui met au centre de sa pratique la relation. Elle prend en compte l’expérience avec la prise de conscience des processus corporels, de même qu’elle s’occupe de la manière particulière de chacun de se représenter le monde et de lui donner sens.

Beaucoup d’approches thérapeutiques tentent d’expliquer le psychisme en termes de sous-ensembles (par exemple: le Ça, le Moi et le Surmoi en psychanalyse), de grilles d’observation comme les trois états du Moi en Analyse transactionnelle (Parent, Adulte, Enfant), de blocages corporels (bioénergie), Rolfing, etc. Toutes ces descriptions sont, selon la Gestalt, « statiques ». La Gestalt-thérapie se situe dans une optique dynamique. Elle s’intéresse au « processus », à l’ajustement permanent entre un individu et son environnement. Cet ajustement est par définition en perpétuel changement. Le Gestaltiste parle donc de cycle de contact, d’ajustement créateur, de forme qui émerge du fond, qui sont autant de termes évoquant le mouvement.

La Gestalt-thérapie met l’accent sur la prise de conscience du processus en cours dans l’ici et maintenant de chaque situation. La Gestalt est donc à la fois une théorie, avec des outils d’analyse rigoureux, et surtout une psychothérapie, c’est-à-dire une démarche permettant, dans un cadre donné, d’explorer des difficultés existentielles. Elle intègre, de manière spécifique, un ensemble cohérent de techniques variées, verbales et non verbales, utilisant la parole, l’émotion, le rêve, l’imaginaire, la créativité, le mouvement et le corps. La Gestalt-thérapie cherche à intégrer cinq dimensions principales : physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle (cf. le Pentagramme de Ginger).

Son originalité n’est pas dans ses techniques mais plutôt dans son objectif : augmenter la capacité d’adaptation à des êtres ou des environnements différents, restaurer la liberté de choix, permettre l’intégration des polarités en conflit, développer la conscience de l’instant en tant que processus de guérison et d’équilibre dynamique. Elle place le patient comme acteur du changement, et la relation comme moteur de ce changement. La Gestalt réhabilite le ressenti émotionnel, encore trop souvent censuré par la culture occidentale, en en favorisant l’expression. Celle-ci peut se trouver torrentielle aux débuts d’une thérapie et demande donc à être canalisée par un professionnel expérimenté.

L’Analyse Transactionnelle

L’analyse transactionnelle (aussi appelée AT) est une théorie de la personnalité et de la communication. Elle postule des « états du Moi » (Parent, Adulte, Enfant), et étudie les phénomènes intrapsychiques à travers les échanges relationnels, appelés « transactions ». Cette théorie a été fondée par Eric Berne, médecin psychiatre américain, dans les années 1950 à 1970. L’analyse transactionnelle vise à permettre une prise de conscience ainsi qu’une meilleure compréhension de « ce qui se joue ici et maintenant » dans les relations entre deux personnes et dans les groupes. L’analyse transactionnelle propose des grilles de lecture pour la compréhension des problèmes relationnels ainsi que des modalités d’intervention pour résoudre ces problèmes. Outre les États du Moi, l’analyse transactionnelle propose de repérer les jeux psychologiques, des types d’échanges qui se répètent de manières semblables, et qui se terminent par un sentiment de malaise.

Parmi les autres concepts de l’analyse transactionnelle, on trouve les positions de vie, des éclairages sur la gestion des signes de reconnaissance et des sentiments, la structuration du temps, les drivers ou messages contraignants, les méconnaissances et les différents degrés de passivité. Éric Berne postulait que les grandes orientations de la vie sont décidées dès l’enfance, et peuvent prendre la forme d’un scénario de vie. Berne définit également trois critères de bonne santé psychique : « conscience, spontanéité et intimité ». Berne a conclu, dans le cadre des observations liées à sa pratique que, dans certains contextes, ses patients agissaient comme le faisait l’un de leurs parents, sans avoir toujours conscience de l’origine de ces comportements, ainsi que des émotions et manières de penser qui y étaient associées. À d’autres moments, des résurgences des comportements issus de l’enfance de ses patients se reproduisaient, également avec les affects et les états d’esprits d’alors.

Berne a défini un état du Moi comme un « système cohérent de pensées, d’émotions, et de comportements associés ». Du point de vue de la structure de la personne, il distingue trois types d’états du Moi: Le Parent correspond aux pensées, émotions, et comportements d’une personne qu’elle a fait siens par imitation de figures parentales ou éducatives marquantes. L’Adulte caractérise les émotions, pensées et comportements qui sont congruents avec la réalité de l’ici et maintenant. L’Enfant correspond aux pensées, émotions, et comportements qui sont une reviviscence de notre propre enfance. Dans l’analyse de Berne, les termes Parent, Adulte et Enfant ne sont pas en relation avec l’âge de la personne. Enfin, ils ne sont pas synonymes du ça, du moi et du surmoi de la psychanalyse freudienne. Une transaction est le nom donné à un échange verbal et comportemental entre deux personnes. On distingue le stimulus, ou message envoyé d’une personne à l’autre, de la réponse de celle-ci. Les transactions peuvent ainsi être observées et analysées en termes d’états du moi. Il existe des transactions simples (complémentaires ou croisées) où se répondent alternativement un état du moi seulement chez chacun des deux protagonistes, et des transactions doubles où se répondent en apparence des État du Moi spécifiques (exemple Parent) et en même temps, à un niveau sous-jacent, d’autres États du Moi (exemple Enfant).

La thérapie en réalité virtuelle (TRV)

Au carrefour de la médecine, de la psychologie et des neurosciences, les psychothérapies utilisant la réalité virtuelle sont étudiées depuis une dizaine d’années et notamment dans le traitement des phobies. Malgré leur recours à la technologie, ces thérapies n’en nécessitent pas moins la rencontre en face en face entre un patient et un thérapeute, ainsi que la création d’une relation d’aide, d’écoute de qualité et de confiance.

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La réalité virtuelle a investi avec succès d’autres champs que celui des jeux vidéo (formation, culture et patrimoine, médecine par exemple). Très inspirées par les thérapies comportementales et cognitives (TCC), les thérapies en réalité virtuelle sont majoritairement utilisées pour le traitement des troubles anxieux, et plus particulièrement les phobies. Par définition, la réalité virtuelle n’expose pas le patient à des situations réelles. Concrètement, le patient interagit avec un environnement virtuel qu’il voit sur un écran, ou dans lequel il se trouve immergé grâce à un équipement spécial (gants de données, visiocasques, capteurs de localisation…). Le patient est bel et bien acteur, pas seulement spectacteur. L’objectif est de l’aider à réduire son anxiété en l’exposant à des situations anxiogènes, afin de le désensibiliser à l’objet de sa phobie (par un phénomène dit « d’habituation »). L’exposition est faite de façon graduelle, progressive, préparée et répétée après avoir établi avec le patient une liste des situations qui lui posent problèmes : rester seul dans une pièce pour un agoraphobe (peur de ne pas être secouru en cas d’attaque de panique), marcher sur un pont pour un acrophobe (peur des hauteurs), descendre des escaliers pour un ptophobe (peur de tomber lors de la marche), etc. Par diverses techniques cognitives, le thérapeute aide le patient à trouver des pensées plus adaptées aux situations initialement anxiogènes. AU fur et à mesure des séances, les symptômes d’anxiété vont diminuer en fréquence et en intensité. La réalité virtuelle peut par conséquent aider les patients à rééduquer leur imaginaire et leur représentation d’eux-mêmes et de leurs capacités, afin de leur redonner confiance. Les avantages sont multiples : les expositions peuvent être contrôlées, répétées plusieurs fois, interrompue rapidement, et se déroulent dans le cabinet du thérapeute.

La réalité virtuelle utilise donc l’imaginaire comme support de travail. En quoi cela peut-être thérapeutique ? La découverte des bases neurales de la stimulation, grâce à des techniques d’imagerie cérébrale, a montré que l’être humain activait les mêmes zones du cerveau (aires motrices) lorsqu’il exécute réellement une action et lorsqu’il la stimule mentalement. Cela signifierait donc que l’exposition en réalité virtuelle reviendrait pour le cerveau à une exposition in vivo. Par exemple, dans le cas des ptophobies, le thérapeute va demander au patient de s’imaginer qu’il marche dans l’environnement virtuel. Ainsi, non seulement les patients s’habituent à avoir une perception plus sécurisante de leur marche dans l’environnement virtuel, mais cette simulation mentale pourrait aussi avoir un impact sur la perception de leur marche dans le monde réel. Ceci permettrait de reprendre de reprendre confiance en des capacités à « faire face » avant de s’engager dans une confrontation avec l’objet de leur peur dans le monde réel. D’autres procédures innovantes sont utilisées, par exemple avec des exercices interactifs multimédias, via un grand écran et une caméra détectant les mouvements des sujets.

Diverses recherches ont montré que les expositions en réalité virtuelle sont aussi efficaces que celles dans le monde réel, utilisées lors de TCC classiques. Ce succès pourrait être expliqué par le phénomène de présence. Il n’est en effet pas possible, dans un monde virtuel, de récréer toutes les informations sensorielles habituellement présentes dans le monde réel, ce qui peut empêcher le sentiment de présence du patient, et donc son adhésion au traitement. Les informations provenant du monde réel peuvent créer un conflit sensoriel avec les informations émanant du monde virtuel. Ce phénomène, appelé « cinétose », est présent chez tous les utilisateurs immergés dans un monde virtuel. Le cerveau peut s’adapter à cette incohérence sensorielle, mais lorsque cette adaptation n’est pas possible, des effets secondaires peuvent apparaître sous forme de nausées ou de vertiges. Il a été montré que plus le patient va se sentir présent dans un monde virtuel, moins il sera susceptible d’éprouver des effets secondaires dus à la cinétose.

L’utilisation de la réalité virtuelle comme outil thérapeutique est appelée à s’étendre à d’autres pathologies psychiatriques (les addictions, l’autisme, l’hyperactivité par exemple), et à la remédiation des troubles attentionnels, mnésiques ou de raisonnement chez des patients psychiatriques et/ou atteints d’affections neurologiques. Mais ces domaines ne sont encore, pour la plupart, limités qu’à la recherche.

L’Approche Centrée sur la Personne (ACP)

Fondée dans les années 50 par le psychologue américain Carl Rogers (1902-1987), l’Approche Centrée sur la Personne, une thérapie verbale, met l’accent sur le patient et le processus relationnel plus que sur le symptôme. Figure charismatique de la profession, le célèbre thérapeute confirme l’apport de cette méthode, par des enregistrements d’entretiens de séance. Une vraie révolution. Son approche devient célèbre dans les années 1960, plus connue sous le nom de méthode non-directive. Sa notoriété gagne l’Amérique du Sud, l’Europe et le japon.

Selon Carl Rogers, l’être humain a une nature positive, équilibrée et saine. Il est animé d’un dynamisme de vie qui le pousse à se réaliser pleinement. Son approche consiste alors à lui faciliter l’accès à ses ressources. Basée sur la confiance en la personne, l’ACP bouleverse les codes. La pratique place la relation au coeur du processus thérapeutique, c’est elle qui est opérante. A la neutralité bienveillante alors en vogue, il préfère une relation basée sur l’acceptation inconditionnelle qui va favoriser pour le patient l’émergence d’une conscience claire des situations vécues.

La séance de type verbale a lieu en face-à-face, assis. Le thérapeute choisit d’instaurer une relation de type affectif positif où il s’implique de façon à sécuriser son patient et faciliter son expression. Dans une écoute dite active, le thérapeute accueille le vécu actuel, qui est privilégié à l’histoire passée, en instaurant un climat adéquat. Il résulte principalement de trois « attitudes » à l’égard du client : empathie (il se met à sa place), congruence (l’accord avec soi), et l’acceptation positive inconditionnelle. La plupart du temps, le thérapeute se veut non-directif, il parle peu, reformule et accompagne son patient dans la découverte de ses propres ressources.

L’EMDR

Le sigle EMDR provient de l’expression Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l’on pourrait traduire littéralement par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». Toutefois, l’appellation française officielle est : intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires. Cette thérapie a été découverte en 1987 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, membre du Mental Research Institute de Palo Alto. Mise au point à la fin des années 1980, l’approche de l’EMDR s’est surtout fait connaître pour le traitement des personnes ayant subi de très graves traumatismes et souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), appelé aussi état de stress post-traumatique (ESPT).

Grâce au processus neurologique mis en marche, cette approche semble stimuler le cerveau pour qu’il « métabolise » ou « digère » les résidus dysfonctionnels du passé. À la suite de cela, les souvenirs traumatisants perdraient leur charge affective négative, ce qui mettrait fin à la souffrance et aux réactions néfastes (crises de panique, peurs incontrôlées, anxiété, compensations de toutes sortes, etc.). Plus récemment, les applications de l’EMDR se sont étendues à différents problèmes d’ordre psychique, comme les phobies et la dépression – inspirées dans ce cas par la théorie généralement admise voulant qu’un grand nombre de problèmes personnels découlent d’expériences difficiles vécues dans l’enfance. Toutefois, l’EMDR fonctionnerait mieux avec des patients souffrant d’un seul traumatisme bien cerné ou d’une phobie bien précise, plutôt que d’un trouble plus diffus. « Il se peut que l’EMDR soit plus efficace dans le traitement des troubles liés au stress qui suit une expérience traumatique (par exemple, la phobie des chiens après une morsure), et moins efficace pour ceux dont le point de départ est inconnu (par exemple, phobie des serpents depuis la naissance) », affirme, à ce propos, le Dr David Servan-Schreiber.

L’EMDR est une thérapie brève qui suit une procédure rigoureuse pouvant avoir lieu à l’intérieur de quelques rencontres. Bien que la thérapie ait recours à des pratiques psychothérapeutiques classiques, sa caractéristique est l’utilisation de la stimulation double (dual attention stimulation). Tandis que le sujet replonge intensément dans ses émotions stressantes, le thérapeute interrompt périodiquement l’expérience pour provoquer une stimulation sensorielle, comme déplacer rapidement ses doigts devant le visage de la personne. Cette dernière doit alors les suivre des yeux tout en gardant la tête fixe. Le mouvement rythmique des deux yeux serait équivalent à celui qui a lieu spontanément pendant les rêves (la phase de sommeil dite rapid eye movement ou REM). Cette stimulation se répercuterait de manière complexe dans le cerveau, plus précisément dans sa partie la plus ancienne (dans l’évolution humaine) qu’on appelle cerveau limbique ou cerveau émotionnel.

Les thérapeutes disent que, grâce à ces simples procédés, les images, les perceptions et les souvenirs qui étaient codés négativement dans le cerveau émotionnel sont littéralement « recodés » et perdent de leur intensité. Comme si, graduellement, les éléments néfastes étaient « délestés » du système pour être remplacés par des éléments bienveillants. Pour utiliser une autre image, c’est comme si l’on procédait au démontage d’une structure cognitive rigide (les souvenirs et les affects qui leur sont rattachés), pour remonter les éléments dans une association souple et inoffensive. Normalement, ce processus se produit de façon naturelle et spontanée, ce qui fait que la plupart de nos traumatismes nous laissent peu de traces débilitantes. Mais il arrive que cela ne fonctionne pas à cause de toutes sortes de circonstances (force du traumatisme, sensibilité particulière, période de vulnérabilité physique ou émotionnelle, etc.). On est alors aux prises avec toutes sortes de séquelles. C’est là que l’EMDR entrerait en jeu.

Globalement, l’EMDR vise à engendrer des sentiments positifs, à faciliter la prise de conscience et à modifier les croyances et les comportements. L’accent est mis à la fois sur les composantes affectives, cognitives et somatiques de l’expérience traumatisante. Selon les auteurs d’une étude explorant la biologie des traumatismes, l’originalité de l’EMDR reposerait sur l’association efficace d’une approche centrée sur le corps (mode de réponse aux stimuli et aux sensations) et d’un traitement cognitivo-behavioral (centré sur les pensées et les comportements).

Le nom EMDR a été créé en 1987, au moment où les mouvements oculaires constituaient un élément prédominant de la technique. Mais ce nom donne aujourd’hui une idée faussement réductrice de ce qu’est l’approche, celle-ci étant moins simple que le terme ne le suggère. Au fil de l’expérimentation et de la recherche, l’EMDR est devenue, au dire de sa créatrice, une méthodologie complexe qui, si elle était rebaptisée, s’appellerait maintenant Reprocessing TherapyL’EMDR ne fait pas l’unanimité dans la communauté médicale. Mais on rencontre d’ardents défenseurs de cette thérapie parmi les professionnels de la santé.

Les thérapies de couple

Tout au long du XXe siècle sont apparues des tentatives progressives de prise en charge du couple. À côté de la psychanalyse et des thérapies individuelles qui se développaient en Europe, des consultations conjugales virent le jour aux États-Unis dans les années 1930-1940, par exemple celles pré- et postmaritales du Marriage Consultation Center d’Hannah et Abraham Stone à New York. Elles proposaient un accompagnement informatif et de conseil, puis parfois thérapeutique, à l’attention des couples connaissant des difficultés, souvent liées à la fécondité. L’étape suivante fut celle des cothérapies de William Masters et Virginia Johnson : le symptôme fécondité (ou infécondité) laissait alors progressivement place au symptôme sexuel. Dans le même temps, la pratique des psychothérapies analytiques avait étendu ses indications vers le groupe et la famille : des prises en charge institutionnelles apparurent ainsi dès les années 1960, avant la naissance des thérapies familiales vers 1970, puis le développement des approches systémiques avec l’école de Palo Alto. Les différents courants de prise en charge prennent alors conscience de la métamorphose du couple.

Au début des années 1970, l’Occident passe en effet d’une société traditionnelle où l’individu n’existait guère que par le groupe et où les générations étaient indépendantes, à la société moderne, marquée par l’existence du « sujet ». C’est alors qu’apparaît un couple fait de deux sujets désirants autonomes des ascendants mais aussi des descendants, s’ils veulent connaître une réelle dimension érotique. Les liens sociaux entre les conjoints sont désormais plus faibles, et la nouvelle indépendance financière des femmes leur permet une alternative de vie lorsque le lien conjugal est cassé.

Surgit alors le paradoxe des thérapies de couple : tous les thérapeutes exerçant au début des années 1980, lorsque s’accroît la demande de prise en charge des couples, ne sont formés qu’à la psychanalyse et à ses dérivés, qui excluent la rencontre avec le conjoint. Les thérapeutes de groupe et de familles quant à eux, mais aussi les systémiciens, ont déjà transgressé cette règle pour rencontrer plusieurs individus ensemble. C’est pourquoi une grande part des thérapeutes de couple est issue des prises en charge familiales et systémiques. Mais en général, ils n’envisagent pas la dimension intime et sexuelle du couple. L’autre courant du suivi des couples est celui des psycho- et sexothérapeutes, sur le modèle des prises en charge de Masters et Johnson travaillant le trouble sexuel et la communication. Chaque courant idéologique semble pécher par défaut, car le couple n’est ni un simple sous-produit de la famille, ni la seule juxtaposition de deux histoires individuelles. Il a ses caractères propres et, en tout premier lieu, sa dimension intime et érotique. Nous sommes donc aujourd’hui devant 5 modes de prise en charge du couple :

  • Les thérapies analytiques du couple, théorisées par Jean-Georges Lemaire, sont centrées sur l’analyse du lien conjugal et de la collusion des histoires individuelles;
  • Les thérapies systémiques du couple s’organisent autour de la communication, et réfléchissent aux interactions dans le « système couple »;
  • Les sexothérapies de couple se concentrent sur le symptôme sexuel, expression du malaise conjugal, et travaillant l’équilibre du système couple, sa communication, son érotisme, son intimité;
  • L’accompagnement stratégique du couple est un moyen terme entre la psychothérapie analytique et la prise en charge systémique;
  • Le conseil conjugal est un autre niveau de l’accompagnement du couple, souvent très pertinent car les conseillers conjugaux sont aujourd’hui, en France, remarquablement bien formés.

Dans la thérapie analytique, les séances sont fréquentes. Les thérapies analytiques travaillent l’histoire individuelle et le lien conjugal, au long de séances fréquentes (hebdomadaires, voire deux fois par semaine). Elles ne sont pas indiquées pour tous les couples. D’autres types d’aides ou d’accompagnement seront souvent plus adaptés. Les thérapies systémiques travaillent sur le système du couple pour permettre sont évolution. Les cothérapies de couple sont la prise en charge d’un couple de patients par un couple de thérapeutes : le travail porte alors sur l’identification d’un couple à l’autre.

De nombreux thérapeutes associent une lecture psychanalytique et une approche systémique avec des entretiens plus espacés (quinze jours à un mois). Enfin, le suivi sexothérapique du couple et l’accompagnement stratégique empruntent aux approches systémiques et à la connaissance sexologique pour résoudre les difficultés intimes du couple par un suivi, en général mensuel. Les séances peuvent alors combiner des entretiens individuels avec l’un et l’autre membre du couple et des séances avec les deux. Les difficultés du couple sont « normales » car le couple n’est pas si « naturel » qu’il peut paraître : il doit « s’inventer » suivant les deux partenaires. Aujourd’hui où tous deux se montrent exigeants quant à la qualité affective, psychologique et érotique du couple, les obstacles sont nombreux et nécessitent une réflexion. Si elle est difficile à mener au sein du couple, il faut savoir se faire aider d’une façon souvent simple par quelques entretiens, et quelquefois plus par une thérapie de couple. Les difficultés peuvent être relationnelles (on ne s’entend plus, on ne communique pas, je ne le (la) supporte plus!) ou intimes (on ne fait plus l’amour, je n’ai plus de désir, elle (il) ne m’approche pas…). En fonction des difficultés d’appel (problèmes de personnalité, difficultés de communication, problèmes sexuels…), on s’orientera plutôt vers une thérapie analytique, vers une approche systémique ou vers un travail relationnel et sexothérapique.

Les thérapies familiales systémiques

Les thérapies familiales, qui se sont développées en France dans les dernières décennies, apparaissent comme une innovation très importante. Elles ne constituent pas seulement une variante technique originale, mais représentent plus fondamentalement une transformation profonde dans la façon d’appréhender les troubles psychologiques. Nées aux États-Unis dans la deuxième moitié du XXe siècle, elles ont puisé à plusieurs sources d’inspiration. La plus importante est incontestablement la démarche systémique telle qu’elle a été élaborée par l’école de Palo Alto.

La démarche systémique s’est éloignée de la conception traditionnelle de la psychiatrie, et même de la psychanalyse, qui considère que le siège de la « maladie mentale » et des troubles psychologiques se trouvent dans le psychisme individuel. Elle soutient au contraire que l’individu est largement une fiction  car nous appartenons toujours à différents systèmes, au premier rang desquels la famille, qui constitue le creuset de notre personnalité. L’image que nous avons de nous-même, nos façons d’agir et de penser, nos sentiments et nos émotions, résultent pour une large part du contexte dans lequel nous avons grandi et, plus précisément  des relations que nous avons entretenues avec nos parents et nos frères et soeurs. Par exemple  le regard positif ou négatif, approbateur ou critique, que mes parents ont porté sur moi détermine dans une large mesure mon degré de confiance en moi et l’estime que je me porte. Plus largement, mon équilibre psychique dépend en partie des relations passées ou présentes, que j’entretiens avec les membres de ma famille et, au-delà, avec les différents groupes auxquels je participe (scolaire, professionnel, amical, associatif…). Si l’on adopte ce point de vue, le trouble psychologique n’apparaît plus comme une « maladie mentale » dont l’individu serait porteur, mais comme le symptôme de relations perturbées. Le système familial a une tendance naturelle à l’homéostasie, c’est-à-dire à une certaine stabilisation des rôles, des places de chacun, des modes de relation, des valeurs et modèles qui l’orientent.

En même temps, il doit pouvoir intégrer les changements qui viennent de l’intérieur (naissances, deuils, développement des enfants, évolution du couple, retraite…) ou de l’extérieur (déménagement, changement d’emploi, chômage, scolarité…). C’est cet équilibre délicat entre la continuité et le changement qui peut se trouver brutalement rompu par certains évènements entraînant une désorganisation du système familial, source de perturbations psychologiques et somatiques pour ses membres.

Les séances sont animés souvent par un couple de thérapeutes (un autre thérapeute pouvant être observateur). Si c’est possible, elles sont enregistrées en vidéo de façon à pouvoir être revisionnées par les thérapeutes. Pendant les séances, leurs interventions tendent à encourager les communications entre les membres de la famille et à agir sur celles-ci lorsqu’elles sont pathogènes. A la fin de chaque séance, les thérapeutes peuvent communiquer leurs conclusions aux membres de la famille et leur prescrire des tâches à exécuter à domicile.

Les thérapies de groupe

Les groupes thérapeutiques ont connu un essor considérable dans les années 1960-1980, d’abord aux États-Unis, puis en Grande-Bretagne, enfin dans l’ensemble de l’Europe. Il en existe de nombreux types : groupes institutionnels (notamment dans les structures de soins) et groupes hors institutions ; groupes spécialisés (par exemple centrés sur les addictions, les troubles alimentaires, les abus sexuels) et groupes généralistes (ouverts à des personnes souffrant de troubles divers) ; groupes continus (se réunissant régulièrement avec demande d’engagement sur l’ensemble des sessions, généralement sur une année) et groupes ponctuels ; groupes fermés (fonctionnant avec toujours les mêmes participants) et groupes ouverts (certains participants pouvant partir après une session, d’autres pouvant arriver) ; groupes résidentiels (les patients dorment sur le lieu de stage) et groupes non résidentiels ; groupes de parole et groupes avec activités ; groupes avec thérapeute et groupes autogérés

Enfin, on propose parfois les thérapies « de » groupe, qui mettent l’accent exclusif sur les phénomènes collectifs, dynamiques et inconscients, et les thérapies « en » groupe, qui sont la continuation dans un cadre groupal des thérapies individuelles. Cette distinction correspond à des prises de position théoriques et à des pratiques différentes, mais dans la plupart des cas, c’est un mélange de ces deux registres qui constitue la réalité du travail effectué.

Face au thérapeute, le patient seul manque parfois de repères pour se situer et évaluer la gravité des troubles, pour saisir sa singularité et apprécier son évolution. En groupe, au contraire, il peut découvrir que chacun est confronté à des problèmes existentiels, a développé des modes de protection et de défense semblables ou différents des siens. Au lieu d’être vécus dans l’isolement et la honte, les symptômes sont exprimés à l’intérieur d’une communauté fraternelle.

Partager ses difficultés, écouter celles des autres, participer à leur investigation, vivre en commun des angoisses et des conflits mais aussi des émotions et des rires dans un cadre sécurisé et contenant, est une expérience originale. Cette situation a en elle-même une portée thérapeutique. L’intégration dans un groupe permet une reprise de la construction identitaire. Cette reprise n’aboutit pas à une uniformisation des personnes, à un laminage des différences mais repose au contraire sur leur individuation, sur l’affirmation de leur singularité. Dans cet espace et ce temps thérapeutiques sont donc satisfaits les besoins d’appartenance et de similitude  mais aussi l’exigence de distinction. C’est notamment ce qui rend le groupe si fécond.

Pendant les sessions groupales, les participants sont généralement invités, d’une part, à exprimer leurs pensées, leurs émotions, leurs réactions les uns vis-à-vis des autres (c’est ce qui caractérise la « dynamique de groupe »), et, d’autre part, à poursuivre thématiquement le travail entrepris en séances individuelles.  C’est en se montrant attentifs aux modalités de leurs relations dans l’ici et maintenant de la situation groupale qu’ils vont poursuivre et affiner l’analyse de leur existence, de leurs fantasmes, de leurs besoins et de leurs défenses. La situation concrète et la présence physique des participants vont favoriser l’actualisation de comportements et de fantasmes qui peuvent alors devenir davantage conscients et modifiables, que ce soit dans l’immédiat d’une séance ou dans une perspective à plus long terme. L’expérience groupale permet souvent la reprise de certains contenus psychiques que la thérapie individuelle n’avait pas permis d’élaborer. Le groupe ouvre ainsi de larges possibilités d’investigation et de remaniement, tout en étayant la structure psychique des individus qui le composent.

Tous ces effets militent en faveur du groupe thérapeutique car chaque patient gagne à communiquer avec d’autres personnes se trouvant également dans une recherche sur elles-mêmes. Il a néanmoins besoin d’être régulièrement seul avec son thérapeute. C’est pourquoi la combinaison des séances individuelles et des sessions groupales apparaît souvent judicieuse  Le groupe permet la satisfaction des besoins d’écoute,  de compréhension et de tendresse tout en visant l’affrontement des mécanismes qui amènent nombre de personnes à parasiter, voire saboter leur vie affective prise dans les rets de scénarios douloureux et répétitifs. Ce processus est fait d’implication et de retrait, de continuités et de ruptures, de répétition du même et de création du différent, dans une dynamique globale où les positions individuelles et les mouvements collectifs s’influencent, s’entremêlent et se structurent mutuellement.

L’hypnose thérapeutique

L’hypnose désigne un état modifié de conscience ainsi que les techniques permettant de créer cet état et les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état. Cependant, contrairement à une idée répandue (selon laquelle l’hypnose est une forme d’inconscience ressemblant au sommeil), des recherches récentes suggèrent que les sujets hypnotisés sont pleinement éveillés et qu’ils focalisent leur attention. Il s’agit d’un état modifié de la conscience qui s’apparente beaucoup à celui du sommeil. Ainsi que l’ont compris les médecins du sommeil, c’est la notion de tension ou de relâchement de l’esprit qui permet d’expliquer ces deux processus semblables par le principe. La tension de l’esprit se retrouve dans la tension du regard, dans la « sensation des yeux ». Ainsi, lorsque les paupières se ferment, la tension psychique (tension qui épuise petit à petit le système nerveux et qui permet de faire face à la vie de tous les jours) diminue, et ce jusqu’à perdre le sens du réel. L’esprit visualise alors des images, images qui deviendront de plus en plus réalistes jusqu’au point où l’on peut considérer que l’individu rêve véritablement.

L’histoire de l’hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours négocié avec les frontières : sciences, occultisme, spectacle, thérapie, etc. si bien que son utilisation dans un cadre thérapeutique a toujours été source de controverses, sans doute parce que la thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des frontières : entre thérapeutiques officielles « scientifiques », thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles, etc. L’hypnose n’est pas sous-tendue par une théorie unique. Elle est d’abord et avant tout une pratique, un outil mis ici au service de la thérapie. Ainsi, elle peut s’intégrer facilement à toute approche psychothérapique : approche humaniste, psychanalyse, thérapies cognitives et comportementales, thérapies brèves, transpersonnelles, systémiques, etc. L’hypnose est considérée par ses praticiens à la fois comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d’accéder aux ressources inconscientes, de contourner les blocages et de permettre l’émergence de nouveaux comportements plus créatifs pour la vie du sujet.

  • L’hypnose a fécondé de nombreuses approches thérapeutiques, directement ou non. Elle a été utilisée par Sigmund Freud à ses débuts, auprès de patientes hystériques dans la tentative de « retrouver » l’évènement traumatique (la scène de séduction) supposé à l’origine des troubles. Freud abandonnera rapidement (1895) la pratique de l’hypnose qu’il qualifie de manipulation du sujet et dont il constate dans la pratique que la  » vérité » issue de l’hypnose ne peut être entendue (« utile » au sujet) sans résistance, et du fait qu’il lui faut (au patient) la « découvrir » (sa vérité) par lui-même, par le biais de sa parole. Ce sera le début de la « talking cure » les débuts de la cure analytique à proprement parler.
  • L’hypnose est aussi à l’origine de la sophrologie, méthode plus récente (1961), ainsi que d’autres techniques de relaxation. L’hypnose est aujourd’hui un des outils du psychothérapeute. Les indications sont très larges et concernent en fait une très large gamme des problématiques humaines, psychologiques et somatiques : angoisses, troubles névrotiques, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie  phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité… mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc. Les contre-indications dépendent surtout de l’expérience du thérapeute. Classiquement, elle est contre-indiquée en cas de troubles psychotiques et de paranoïa. Mais ici encore, tout dépend à la fois de l’expérience du thérapeute, de la qualité de la relation avec le patient.
  • L’hypnose ericksonienne est issue de la pratique de Milton Erickson (1901-1980). Caractérisée par une approche souple, indirecte (métaphores) et non dirigiste, cette forme d’ hypnose a donné naissance à de nombreux courants de psychothérapie moderne : thérapie familiale, thérapie brève (stratégique, systémique), programmation neuro-linguistique (PNL), thérapies familiales… Pour Milton Erickson, l’inconscient est profondément bon et puissant. Il se révèle une puissance bienveillante avec laquelle l’état hypnotique doit permettre de coopérer. L’inconscient est capable de mobiliser des ressources intérieures, des potentialités susceptibles de conduire aux changements désirés. L’hypnose ericksonienne a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble pour déclencher les changements utiles à la résolution du problème. Utilisée en psychothérapie, elle se situe dans une optique courte : trois à dix séances, sur une durée de quelques semaines à quelques mois sont suffisantes, même pour des problèmes lourds et, cela sans « rechute » ou « substitution de symptôme ».

 

L’art thérapie

L’art-thérapie s’inscrit dans une approche psychothérapique issue des sciences humaines et s’inspire des connaissances scientifiques acquises dans le domaine de la psychologie, des sciences de l’éducation, de la sociologie et de l’histoire de l’art. En tant que psychothérapie, l’art-thérapie donne une place importante à la créativité et l’expression artistique sans négliger pour autant l’expression verbale. L’art-thérapie se centre sur le processus de création et les processus psychiques conscients, préconscients et inconscients qui s’y rattachent.

L’objectif de l’art-thérapie n’est pas de créer une œuvre artistique mais bien plutôt de permettre un travail thérapeutique à partir du matériel plastique et du jeu des associations d’idées, des émotions, des affects, des éprouvés amenés par ce matériel. Par ailleurs, comme pour une thérapie plus conventionnelle, il s’agit d’un travail prenant en compte l’aspect relationnel patient – psychothérapeute en tant qu’élément déterminant de la psychothérapie. Dans le cadre thérapeutique, l’œuvre plastique est un objet de médiation (une peinture, un dessin, un modelage) considéré comme un support à la relation thérapeutique. Il y a donc en alternance des moments centrés sur la production de l’objet faisant appel à une communication non verbale et des moments centrés sur la communication verbale. Aucun talent artistique ni aucune habiletés particulières ne sont requis pour pouvoir bénéficier pleinement de l’art-thérapie. Le processus créatif ainsi que l’œuvre produite sont considérés davantage pour leur portée thérapeutique que pour leur valeur esthétique.

L’art-thérapeute n’est pas un expert censé apporter une technique, il ne se positionne pas comme un enseignant ou un éducateur en arts plastiques mais bien comme une personne qui aide le patient à comprendre sa problématique singulière et ses difficultés personnelles grâce au cadre proposé. Il ne s’agit donc ni d’ergothérapie, ni d’une activité occupationnelle. Aussi, l’art-thérapeute doit nécessairement avoir une expérience personnelle de la psychothérapie, s’appuyer sur des connaissances du fonctionnement psychique relevant de méthodes scientifiques grâce à une formation approfondie (Master ou Doctorat), pouvoir appréhender les processus de création en raison de sa connaissance de la médiation qu’il propose.

Le psychodrame

Le psychodrame fut créé par Moreno au début de ce siècle. Il s’agit d’un jeu dramatique qui vise à permettre à certains patients de prendre conscience de leurs difficultés psychologiques et notamment de se dégager des émotions trop fortes, intériorisées, qui les gênent. Le but poursuivi consiste aussi à faire disparaître le carcan des rôles sociaux qui ont été imposés de l’extérieur et qui emprisonnent. Il s’agit donc, dans la mesure du possible, de retrouver, par le jeu à plusieurs, la spontanéité. Pour faciliter l’expression, certains éléments techniques sont utilisés tel le renversement des rôles, les jeux en miroir, les doublages etc…

C’est au milieu du siècle que les psychanalystes ont compris qu’ils pouvaient trouver là, dans le psychodrame, de quoi aider leurs patients. D’où le nom de psychodrame analytique. Au psychodrame de Moreno se trouvent ainsi ajoutés – ce qui est d’importance – les concepts de transfert et d’interprétation, importés de la théorie psychanalytique. Ainsi, au fur et à mesure, le psychodrame, comme technique thérapeutique, s’est affiné, enrichi, diversifié, dans sa pratique et sa théorisation. Il offre la possibilité de mettre en scène des épisodes de la vie réelle ou d’inventer des scènes imaginaires. Les différents protagonistes sont chargés d’un rôle qu’ils jouent à leur manière, compte tenu des indications des thérapeutes, ce qui permet ensuite d’analyser la façon dont la scène a été jouée pour mettre en évidence les émotions, les affects, éventuellement les souvenirs oubliés ou refoulés, resurgissant à cette occasion.

Aujourd’hui, les indications de psychodrame se sont étendues ; elles ne concernent plus seulement les adultes mais aussi les enfants et les adolescents. D’autres formes de pratiques sont aussi apparues : psychodrame de groupe ou individuel, etc. Il faut savoir enfin que le psychodrame peut représenter à lui seul une thérapie ou au contraire accompagner une autre thérapie individuelle ou une psychanalyse suivie parallèlement. Car le psychodrame offre cet avantage de mettre le corps en mouvement, ce que ne permettent pas de la même manière les thérapies dites verbales.

Les thérapies fondées sur le sens

Plusieurs approches thérapeutiques considèrent qu’une source essentielle de troubles psychologiques repose sur le manque de sens à l’existence. Plutôt que de chercher à analyser le passé, elles visent à éclairer le le présent et l’avenir, en mettant notamment l’accent sur les aspirations de l’individu et son engagement. Voici quelques thérapies fondées dur le sens :

■ La logothérapie. La thérapie par le sens la plus connue est la logothérapie, mise au point par Viktor Frankl, au retour des camps de la mort. Il souligne qu’une caractéristique essentielle de l’être humain est l’interrogation sur le sens, et la possibilité d’accéder à une dimension qui le transcende lui-même : « Le dépassement de soi est l’essence de l’existence. Être humain, c’est être dirigé vers autre chose que soi-même. (…) L’homme vit d’idéaux et de valeurs. L’existence humaine n’est pas authentique à moins d’être vécue en termes de dépassement de soi ». Contrairement à Sigmund Freud, qui estimait que la quête de sens était une manifestation névrotique, V. Frankl considère que e questionnement est salutaire et bénéfique: « Il existe une frustration existentielle, (…) c’est à dire le sentiment d’absence de sens de sa propre existence. (…) La frustration existentielle, ou, comme nous pourrions l’appeler également, la frustration du besoin de sens, n’a donc rien de pathologique: au contraire, cette revendication humaine d’une existence qui ait la plus grande signification possible est si peu pathologique en elle-même qu’elle peut – et doit – être mobilisée dans une action thérapeutique« . Selon V. Frankl, la frustration existentielle peut cependant, en cas de trop forte intensité, provoquer des névroses, qu’il qualifie de « névroses noogéniques », par opposition aux nevroses traditionnelles ou psychogéniques. Elles proviennent, non des conflits entre les besoins de l’homme et ses instincts, mais de ses problèmes existentiels, dont l’absence de raison de vivre. Elisabeth Lukas, qui a enrichi et largement diffusé la logothérapie, cite plusieurs cas de patients qui ont retrouvé du sens s’engageant au service des autres.

■ La thérapie existentielle d’Irvin Yalom. Irvin Yalom considère que « nous sommes des créatures essentiellement attachées à la recherche du sens », et que « la raison d’être de la psychothérapie est toujours cette souffrance existentielle – et non pas, comme on l’affirme souvent, le refoulement des impératifs sexuels ou les épines encore aiguës d’un vécu douloureux. » Il qualifie d’ailleurs son approche de thérapie existentielle. Selon lui, l’objectif du thérapeute, face à un patient souffrant d’un manque de sens, consiste notamment à faciliter la levée des obstacles l’empêchant de s’engager véritablement dans l’existence (que ce soit en s’intéressant à d’autres personnes, en s’investissant dans des idées ou des projets…). L’approche existentielle met l’accent sur un autre type de conflit fondamental, non celui relatif aux besoins pulsionnels antagonistes, ni celui qui surgit avec l’entourage important, mais un conflit qui survient lors de la confrontation de l’individu aux fondamentaux de l’existence, à certains enjeux ultimes, certaines caractéristiques intrinsèques qui participent sans échappatoire possible, de l’existence d’un individu dans le monde. La thérapie existentielle traite des thèmes de : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens. La confrontation de l’individu à chacun de ces fondamentaux nourrit la dynamique du conflit dynamique existentiel.

■ La thérapie centrée sur le sens de Paul Wong. Paul T.P. Wong a mis au point une « thérapie centrée sur le sens » orientée vers la croissance plutôt que tournée vers les problèmes. Elle se rapproche de la logothérapie en raison de son intérêt porté au sens, et de la thérapie cognitive au niveau des méthodes. Le thérapeute met l’accent sur la signification profonde des problèmes sous-jacents, plutôt que sur la plainte de surface qui amène le client à consulter. P. Wong propose plusieurs techniques thérapeutiques, dont l’ « attribution existentielle », qui consiste à répondre aux questions suivantes : « Pour quelle raison faites-vous cela ? Que cherchez-vous à accomplir ? Dans quel but ? Ou encore : « Si vous pouviez décider de votre futur, quel serait votre idéal de vie pour les trois ou cinq prochaines années ? »

■ Les groupes de parole de David Spiegel. David Spiegel et ses collaborateurs ont développé une thérapie de groupe dans un service de femmes ayant un cancer du sein. Cette approche se concentre sur des thèmes existentiels pour faire face à leur situation, ainsi que sur la méditation et l’autohypnose pour réduire la douleur. Grâce à cette intervention, ces personnes ont éprouvé moins d’anxiété et de dépression et ont reconsidéré leurs buts dans la vie : elles se concentraient sur ce qui leur apparaissait important, en particulier le maintien voire l’amélioration des relations  avec leurs proches. Une des manières de trouver un nouveau sens à leur vie consistait à participer à des groupes de paroles de patientes et à utiliser leur expérience pour aider d’autres femmes à traverser le même drame. Elles en arrivaient ainsi à se considérer comme des expertes de vie plutôt que comme des victimes du cancer. Un suivi de dix ans de cette intervention a mis en évidence un résultat qui a surpris les chercheurs. Non seulement ces femmes vivaient mieux que d’autres qui n’avaient pas bénéficié de cette intervention, mais elles vivianet plus longtemps, en moyenne dix-huit mois de plus.

La psychogénéalogie

La psychogénéalogie ou l’analyse transgénérationnelle est une théorie développée dans les années 1970 par le Pr Anne Ancelin Schützenberger selon laquelle les évènements  traumatismes, secrets, conflits vécus par les ascendants d’un sujet conditionneraient ses troubles psychologiques, ses maladies, et ses comportements étranges ou inexplicables. Pour élaborer cette théorie, Anne Ancelin Schützenberger s’est fondée sur ses propres observations, et sur des concepts issus de la psychanalyse, de la psychologie, de la psychothérapie et de la systémique.

Aujourd’hui, cette approche a donné lieu à de nombreuses pratiques psychothérapiques très différentes, certaines étant l’objet de vives critiques. Dans chaque famille, les évènements antérieurement vécus laissent une trace affective au fil des générations. Les histoires de famille qui se racontent produisent du mythe et des croyances qui falsifient le rapport au monde.des descendants. Ceux-ci se retrouvent parasités par des loyautés inconscientes qui s’expriment à différents niveaux principalement lors de «dates anniversaires ». Cette  méthode thérapeutique se réfère aux informations généalogiques et à  l’impact psychologique sur les descendants. des évènements qui se sont produits dans les générations précédentes.

La psychogénéalogie permet de comprendre les transmissions inconscientes liées à  la place de chaque membre d’une famille en décodant le sens caché d’informations à caractère identitaire :   prénoms,  dates,  lieux, évènements marquants. En faisant face aux secrets, non-dits, traumatismes, souffrances vécus dans le passé familial, l’ordre se rétabli et l’individu peut se délivrer des poids hérités à son insu et retrouver un potentiel d’action sur sa propre vie. Affranchi des mémoires émotionnelles encombrantes, il est désormais possible de réinvestir positivement sa  place et de sortir des répétitions, des peurs et blocages antérieurs. L’outil principal est le génosociogramme, une représentation graphique de l’arbre généalogique, comme support thérapeutique.

Le terme « psychogenealogie » est fréquemment référé à Anne Ancelin Schutzenberger qui a approfondi ses recherches sur le syndrome anniversaire et les corrélations avec la psycho-histoire. Les dates anniversaires constituent le fil rouge pour cerner nos attaches à certaines places du système familial. Partir sur les traces de ceux qui nous ont précédés nous emmène dans des endroits à la fois inattendus de notre conscience et familier de notre inconscient ancestral.

L’ethnopsychologie

L’ethnopsychologie ou ethnopsychiatrie est un domaine de recherche partageant objets et méthodes tant avec la psychologie clinique qu’avec l’anthropologie. L’ethnopsychiatrie s’est intéressée aux  désordres psychologiques en rapport à leur contexte culturel d’une part, aux systèmes culturels d’interprétation et de traitement du mal, du malheur et de la maladie d’autre part. Cette discipline a connu une extension dans les vingt dernières années, engendrant des dispositifs originaux de prise en charge des souffrances psychologiques des populations migrantes.

Georges Devereux (1908-1985) est considéré comme le père fondateur de la discipline. Si l’anthropologue et psychanalyste hongrois Géza Roheim (1891-1953) a été successivement anthropologue et psychanalyste, s’il a souvent appliqué des grilles psychanalytiques aux phénomènes anthropologiques et quelquefois des interprétations anthropologiques à certaines problématiques psychiatriques, il n’a jamais fait d’ethnopsychanalyse. Devereux appelait ethnopsychiatrie le domaine de recherche et ethnopsychanalyse la méthode afférente. Il a toujours affirmé que la culture prescrivait à ses membres « la bonne façon d’être fou ». C’est comme si la société énonçait : « vous ne devez pas être fou, mais si toutefois vous le devenez, voici la bonne manière de l’être ».

En France, l’histoire de l’ethnopsychiatrie est indissociablement liée à deux noms, celui de l’anthropologue et psychanalyste Georges Devereux, précurseur de l’ethnopsychiatrie contemporaine, et celui de son disciple, Tobie Nathan (1948-), qui a entièrement renouvelé le champ (trans-)disciplinaire de l’ethnopsychiatrie tout en s’éloignant de la conceptualisation psychanalytique.

Ce dernier a créé la première consultation d’ethnopsychiatrie en France, en 1979, au service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Avicenne (Bobigny), alors dirigé par Serge Lebovici (1915-2000) — consultation dont les principes ont été repris par toutes les autres consultations en France et à l’étranger (Québec, Italie, Belgique, Suisse, Brésil, Israël, Tahiti, Réunion). T. Nathan a fondé en 1993 le Centre Georges-Devereux, centre universitaire d’aide psychologique aux familles migrantes, au sein de l’UFR Psychologie, pratiques cliniques et sociales de l’Université de Paris VIII – centre qu’il a dirigé de 1993 à 1999. Ce centre est en France le premier lieu universitaire de clinique psychologique au sein d’une UFR ou d’un département de psychologie. Il regroupe dans un même espace une clinique spécifique, des recherches universitaires en psychopathologie et en psychothérapie et la formation des étudiants de troisième cycle.

La consultation d’ethnopsychiatrie, réunissant un groupe de professionnels polyglottes autour d’une famille, a été reprise sous diverses formes par toutes les autres tentatives de clinique ethnopsychiatrique. Aujourd’hui, dans un monde globalisé, aux migrations multiples et répétées, l’ethnopsychiatrie souligne l’importance d’autres identités telles les groupes d’usagers (Mediagora — groupes de patients souffrant de phobie —, Autisme France — parents d’enfants atteints d’autisme —, AFTOC — Association de patients souffrant de Troubles obsessionnels et compulsifs — etc…)

La luminothérapie

Aujourd’hui, les effets du manque de lumière sur l’organisme sont de mieux en mieux connus. Et certaines personnes peuvent souffrir d’une « carence » lumineuse. A l’approche de l’hiver, les cas de « dépression saisonnière » peuvent apparaître.  Il est aujourd’hui établi que la cause de ces déprimes légères est principalement le manque de lumière. Troubles du sommeil, tristesse au réveil, irritabilité… une personne sur cinq éprouverait ce mal.

Outre les traitements classiques, reposant sur la psychothérapie et certains médicaments, il est important de combler le manque de lumière. C’est dans ce but qu’a été inventée la luminothérapie, également appelée luxthérapie. Le principe : exposer son organisme à une lampe spécialement étudiée pour offrir un maximum de lumière (plusieurs dizaines de milliers de lux – unité de mesure d’éclairement lumineux).

Plusieurs hôpitaux proposent ainsi des séances de luminothérapie. Soit les patients viennent dans l’établissement, soit ils se font prêter une lampe portative. L’efficacité de ce traitement est avérée. A raison d’une demi-heure par jour, assis à quelques centimètres de la lampe, la luminothérapie aurait des effets sur la diminution des symptômes de la dépressions.

La musicothérapie

En musicothérapie, les sons et les rythmes deviennent des instruments pour augmenter sa créativité, reprendre contact avec soi et traiter divers problèmes de santé (anxiété, douleur chronique, hypertension, difficultés d’apprentissage, etc.). Compte tenu de son effet sur le système nerveux central, la musique aide à se détendre et à réduire le stress. En tant qu’outil de croissance personnelle, elle permet d’accroître son dynamisme ainsi que d’améliorer ses capacités cognitives (attention, mémoire), psychomotrices (agilité, coordination, mobilité) et socioaffectives. Qui plus est, aucune connaissance musicale n’est nécessaire pour tirer profit de la musicothérapie.

Les musicothérapeutes accrédités possèdent une formation universitaire. En plus d’être des musiciens capables d’improviser, ils doivent connaître le développement psychosocial et neurobiologique, ainsi que les caractéristiques et les besoins liés à divers maux. Selon la personnalité, les affections et les objectifs des individus, le musicothérapeute peut se servir de deux approches.

  • La musicothérapie « active » facilite l’expression de soi. Elle privilégie des techniques d’intervention comme le chant, l’improvisation instrumentale ou gestuelle, la composition de chansons et l’exécution de mouvements rythmiques au son de la musique.
  • En mode « réceptif », l’écoute de la musique peut stimuler l’énergie créative et aider à accroître la concentration et la mémoire. La musique peut aussi faire surgir des émotions, parfois oubliées ou profondément enfouies. Le thérapeute pourra utiliser ces émotions pour enrichir la démarche thérapeutique, et mettre de nouveau la musique à contribution.

Bien que la musicothérapie ait été réservée, à ses débuts, à la psychothérapie, ses visées thérapeutiques se sont depuis beaucoup élargies. Parce qu’elle atteint les gens « au coeur d’eux-mêmes », la musique est particulièrement efficace pour aider à sortir de leur isolement les personnes ayant des difficultés à communiquer. Chez l’enfant autiste, par exemple, on a constaté que les stimuli sonores diminuent l’anxiété face à la réalité extérieure, qu’ils améliorent le comportement socioaffectif et procurent une meilleure confiance en soi. Il en est de même chez les enfants qui présentent des troubles du langage : le chant contribue à améliorer l’articulation ainsi que le rythme et le contrôle de la respiration.

En raison de son effet physiologique, une musique relaxante peut atténuer la douleur et l’anxiété en faisait baisser le taux de cortisol (une hormone associée au stress) et en libérant des endorphines qui ont des propriétés à la fois calmantes, analgésiques et euphorisantes.

La zoothérapie

La zoothérapie, ou thérapie assistée par l’animal, est un programme structuré d’interventions ou de soins qu’un thérapeute prodigue à son patient, avec l’aide ou en présence d’un animal. Elle vise à maintenir ou à améliorer la santé des personnes souffrant de divers troubles, aussi bien physiques que cognitifs, psychologiques ou sociaux.

La zoothérapie diffère de ce que l’on appelle les activités assistées par l’animal (AAA) qui sont plutôt destinées à motiver, éduquer ou divertir des personnes. Contrairement à la zoothérapie, les AAA, pratiquées dans divers contextes (thérapeutique, scolaire, carcéral ou autre), n’ont pas de visées spécifiquement thérapeutiques, même si elles sont bénéfiques pour la santé. Bien que certains intervenants en AAA soient des professionnels de la santé, ce n’est pas une qualification essentielle, comme c’est le cas en zoothérapie. Le fait d’avoir un animal domestique n’est pas à proprement parler de la zoothérapie. Néanmoins de nombreuses études ont démontré les bienfaits que cela peut avoir sur la santé : réduction du stress, meilleure récupération postopératoire, diminution de la pression, perception plus optimiste de la vie, meilleure socialisation, etc.

Comme le titre de zoothérapeute n’est ni protégé ni reconnu légalement, il peut être difficile de distinguer les zoothérapeutes des autres types d’intervenants en activités assistées par l’animal. On reconnaît généralement que le zoothérapeute devrait avoir au départ une formation dans le domaine de la santé ou de la relation d’aide (soins infirmiers, médecine, physiothérapie, rééducation fonctionnelle, ergothérapie, massothérapie, psychologie, psychiatrie, orthophonie, travail social, etc.). Il devrait en plus posséder une spécialisation lui permettant d’intervenir par l’intermédiaire desanimaux. Pour leur part, les intervenants en AAA (souvent bénévoles) ne sont habituellement pas formés en zoothérapie, tandis que les « zooanimateurs » possèdent une formation en comportement animal, sans être des professionnels de la santé.

Les premiers écrits sur l’usage thérapeutique des bêtes indiquent qu’on se servait des animaux de la ferme en traitements complémentaires chez les patients souffrant de troubles psychiatriques. Toutefois, ce sont les infirmières qui ont implanté la pratique en milieu hospitalier. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d’animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété.

Sa contribution a été reconnue par le psychiatre américain Boris M. Levinson, que l’on considère comme le père de la zoothérapie. Au cours des années 1950, il fut l’un des premiers à rapporter le bien-fondé de l’utilisation d’animaux de compagnie dans le traitement des troubles psychiatriques. De nos jours, la zoothérapie ainsi que les activités incluant la présence d’un animal se retrouvent dans une variété de cadres thérapeutiques.

Les thérapies psycho-corporelles

La psychothérapie corporelle envisage l’approche thérapeutique dans une double lecture : elle pratique conjointement l’écoute attentive de l’histoire du sujet et celle des manifestations corporelles associées. Elle guide ainsi deux cheminements parallèles dont la prise en compte simultanée est opérante.

“Toute rigidité musculaire contient l’histoire et la signification de son origine” écrit Wilhelm Reich dès 1930. Il considère que l’ensemble des contractions musculaires, qu’il appelle la cuirasse musculaire, sont l’expression au niveau somatique, des mécanismes de défense de la personne. Comme Winnicott qui remplacera le clivage corps-esprit par l’unité psyché-soma, Reich définit une unité psychosomatique de l’être humain.

C’était Wilhelm Reich qui intégrait le corps dans la psychanalyse. Son travail avec la Vegetothérapie et les blocs corporels sont la base de toutes les psychothérapies corporelles. Les continuateurs anglo-saxons du courant des thérapies psycho-corporelles utilisent aujourd’hui le concept de « bodymind » de corps-conscience qui traduit cette synergie indissociable entre l’inscription corporelle et les traces psychiques laissées dans les mémoires du sujet par les situations traumatisantes. Le concept de « bodymind », de corps-conscience traduit la synergie indissociable entre l’inscription corporelle et les traces psychiques laissées dans les mémoires du sujet par les situations traumatisantes.

Wilhelm Reich, qui fit un temps partie des élèves de Sigmund Freud, décrivait la lecture du corps comme constituée par une série de sept segments circulaires entourant le corps, depuis les yeux jusqu’au bassin. Dans cette lecture du corps, chacun de ces segments retient et limite une partie de la personnalité. L’histoire du sujet se lit dans son inscription psycho-corporelle.

La thérapie interpersonnelle

La thérapie interpersonnelle est une thérapie brève (12 à 16 séances) qui s’attarde sur les relations actuelles du sujet « here and now ». Elle se présente sous forme de manuel et est recommandée par l’ A.P.A. (Lignes directrices du traitement de la dépression majeure). Élaborée initialement par G. Klerman et M. Weissman lors de leurs recherches extensives sur la nature et le traitement de la dépression, elle s’appuie sur les travaux de : Meyer «Common sense psychiatry », Sullivan sur l ’étude des relations interpersonnelles, Bowlby avec la théorie de l ’attachement. C’est une thérapie brève avec un cadre de travail précis, divisée en trois temps : 1) Phase initiale (4 séances), 2) Phase intermédiaire (8 séances), 3) Phase finale (4 séances). Elle est centrée sur un thème précis : deuil pathologique, conflits interpersonnels, transitions difficiles, déficits interpersonnels. Elle aide à réduire les symptômes dépressifs, à augmenter l’estime de soi, à développer des stratégies efficaces dans les rapports interpersonnels de l’individu, sans intention de restructurer la personnalité de l’individu.

Bien que très développée et reconnue aux Etats-Unis, cette forme de thérapie est encore actuellement peu connue en France. Son efficacité est pourtant scientifiquement démontrée, tant chez l’adulte que chez l’enfant, ou l’adolescent. Cette thérapie est particulièrement efficace dans les problèmes de tristesse, pour vaincre la dépression et les troubles bipolaires (psychoses maniaco-dépressives). L’expérience montre que la dépression est souvent reliée à des problèmes liés aux relations interpersonnelles (conflits, changement de statut..). Dans le cas du trouble bipolaire, le soin passe par l’identification des situations interpersonnelles qui déséquilibrent la personne et peuvent déclencher une rechute que ce soit sur un mode dépressif ou un mode d’excitation maniaque. Dans l’ indication de bipolarité,  soigner le trouble bipolaire consistera à donner au patient des moyens de faire face à ces situations interpersonnelles  avant que le déséquilibre ne soit avéré. C’est une action avant tout préventive.


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