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Violences psychologiques, violences invisibles

Contrairement à la violence physique qui laisse des traces sur le corps, la violence psychologique pose la question de son objectivation (Coutanceau, 2014). C’est une réalité moins visible dont la connaissance, et reconnaissance, supposent que la victime parle. C’est pourtant un sujet honteux, tabou et qui implique une grande culpabilité. C’est également une réalité qui implique une certaine répétition. La violence psychologique peut prendre plusieurs formes ou aspects, et apparaît dans les relations humaines : relation de couple, relation parent-enfant, espace scolaire, espace professionnel… Pour comprendre les violences psychologiques, les gens cherchent autant des réponses que des questions « psy ». C’est pourtant bien un sujet éclectique qui concerne aussi bien la sociologie, le droit que la politique. La violence fait partie de la vie, elle se situe entre l’individuel et le social. La violence est fondamentale et participe à la structuration du sujet, mais, dans le sens le plus courant, le terme renvoie à un abus de force ou de pouvoir, qui vient faire effraction dans l’intégrité physique ou psychique de l’autre. Plus qu’un déchainement physique, la violence est un modèle de relation fondé sur le contrôle et la domination.

Quelques définitions

Violence : Le mot violence vient du latin vis qui signe force, vigueur, puissance, force vitale. La violence est l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès (OMS).

Violence psychologique : La violence psychologique est aussi appelée violence morale, violence mentale ou violence émotionnelle. Ce sont des violences subtiles, maîtrisées, très souvent instrumentales qui se différencient de la violence éruptive, physique, beaucoup plus visible. La violence psychologique est une forme de violence ou d’abus envers autrui, sans qu’une violence physique soit mise en œuvre directement. Elle se caractérise par le comportement moralement agressif ou violent d’un individu vis-à-vis d’un autre individu. Elle peut se manifester par des paroles ou des actes qui influencent l’autre dans ses sentiments d’être aimé ou détesté (OMS). Selon le droit français, les violences psychologiques sont des « actes répétés qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, d’une dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé physique ou mentale. »

Violences directes : lorsqu’une personne est visée (cible).

Violences indirectes : lorsqu’une personne est témoin des scènes de violences physiques, psychologiques, verbales, économiques ou sexuelles. Les enfants sont les premiers exposés face à la violence violence psychologique directe ou indirecte.

Où commence la violence psychologique ?

Comprendre la violence psychologique oblige à une réflexion. Elle se pose là oui s’interroge la notion de limites. C’est à chacun de nous de se définir, et de nommer ses propres limites. Apprendre à repérer et nommer plus tôt les comportements qui nous agressent et nous font violence est essentiel pour le respect de soi. La violence intervient souvent dans les « espaces clos » (famille, monde du travail, institution scolaire…) et il faut être vigilant face à la banalisation des violences invisibles, non bruyantes, impalpables et pourtant bien réelles. Les dégâts n’en sont pas moins importants, au contraires, ils sont tenaces, profonds, chroniques et souvent indélébiles.

Caractéristiques de la violence :

  • violences isolées, répétitives ou chroniques
  • violences d’intensité faible, moyenne, forte

Contexte relationnel :

  • agression par un pair (conjoint, collègue, membre d’un même groupe ou bande)
  • agression dans un axe hiérarchique : parent-enfant, supérieur-subordonné, professeur-élève, chef-membre dans un groupe ou bande
  • agression par un système de personnes

Les différentes formes de violences psychologiques

  • Insultes
  • Inductions, allusions
  • Intimidations
  • Harcèlement moral
  • Culpabilisation
  • Humiliations
  • Dénigrement
  • Rabaissement
  • Cris, hurlements
  • Menaces
  • Chantage
  • Dévalorisation
  • Sape
  • Contradictions
  • Jugements et critiques
  • Accusations et reproches
  • Comparaisons
  • Fausse plaisanterie, sarcasmes
  • Blocage et diversion
  • Intimidations physiques
  • Comportements visant à contrôler l’autre

Comment identifier que l’on subit des violences psychologiques ?

La violence psychologique étant invisible, il est très difficile d’identifier que l’on subit des agressions psychiques, voici quelques questions que vous pouvez vous poser :

  • Est-ce que je vis ma vie ou je vis pour quelqu’un ?
  • Est-ce que j’attends avec peur l’approbation de quelqu’un pour faire quelque chose ou avoir un avis ?
  • Mon quotidien est-il celui que je souhaite dans l’ensemble ou est-il influencé par l’emprise de quelqu’un ?
  • Mes projets sont-ils mes projets ?
  • Ai-je peur que mes actions soient jugées par un proche ?
  • Ai-je l’impression d’être observé à distance dans mes actions (syndrome Big Brother) ?
  • Est-ce que mes réactions m’appartiennent ou suis-je influencé dans mes réactions ?
  • Suis-je libre de voir qui je veux ?
  • Ai-je peur de/dans certaines relations ?
  • Est-ce que je guide globalement ma vie comme je l’entends ou je me sens quelque par guidé malgré moi ?
  • Est-ce que je pense par moi-même ou j’attends la validation de quelqu’un pour valider mes pensées ?

Quelles sont les conséquences des violences psychologiques ?

La majorité des victimes de violences psychologiques disent combien elles ont souffert de ne pas avoir été crues quand elles ont osé parler, ou combien elles ont eu honte de porter plainte, ayant une grande difficulté à se sentir légitime face à une agression invisible avec des conséquences pourtant bien réelles. C’est généralement dans un cabinet de médecin que cette violence est nommée en premier, d’où la n »nécessité de former les médecins. Cette violence subie doit être déclarée, mais avant tout, elle doit être reconnue et identifiée par la victime. Pour cela il faut apprendre à définir les limites du corps, de l’esprit et du respect de soi, afin de pouvoir passer du témoignage à l’accusation.

Conséquences psychologiques

  • anxiété,
  • manque croissant de confiance en soi,
  • troubles cognitifs (attention, concentration, mémoire),
  • angoisses, attaques de panique,
  • sentiment d’infériorité,
  • culpabilité,
  • perte des repères,
  • tendance à la rumination mentale,
  • honte,
  • cauchemars,
  • état de stress,
  • irritabilité,
  • perte de sens,
  • dépression chronique,
  • trouble de stress post-traumatique

Conséquences physiques et somatiques

  • tensions musculaires,
  • maux de dos,
  • tremblements,
  • boule dans la gorge,
  • spasmes gastriques,
  • maux de tête,
  • troubles du sommeil,
  • troubles de l’appétit,
  • douleurs abdominales,
  • fatigue chronique,
  • réactions cutanées,
  • allergies,
  • prise de poids,
  • péritonites,
  • cancers,
  • passage à l’acte, suicide

Conséquences sociales

  • isolement,
  • repli sur soi,
  • perte de contact avec les amis,
  • rupture avec la famille,
  • baisse de communication avec autrui
  •  diminution/arrêt des sorties extérieures

La législation française face aux violences psychologiques

En France, il a fallu attendre la loi du 9 juillet 2010 n°2010-769 « relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants » pour que soit enfin mis en place une nouvelle législation adaptée tant sur le plan civil que pénal. La violence psychologique est désormais un délit pénal et l’article 222-14-3 du Code pénal reprend la jurisprudence établie par la Cour de cassation qui définit les violences psychologiques comme suit : « Le délit de violence peut être constitué, en dehors de tout contact matériel avec les corps de la victime, par tout acte ou comportement de nature à causer sur la personne ce celle-ci une atteinte à son intégrité physique ou psychique caractérisée par un choc émotif ou une perturbation psychologique ». La Cour a ainsi estimé que constituent des violences psychologiques, de nature à causer une vive répression sur autrui, le fait de tirer des pétards pour effrayer une personne ou encore l’envoi de quarante-cinq lettres anonymes (…) ou encore des termes injurieux, parfois menaçants (Les violences psychologiques, 2014).

 

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