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Psychothérapie et cerveau

 

« La psychothérapie s’appuie sur la dynamique des relations entre un thérapeute et son patient. Elle n’en est pas moins active sur les mécanismes cérébraux déréglés par la maladie«  (Les Grands Dossiers des Sciences Humaines n°15).

 

L’interaction entre patient et thérapeute, facteur commun à l’ensemble des psychothérapies, peut-elle agir sur le système nerveux ? Une revue récente (Fuchs, 2004) des résultats obtenus chez des patients traités par psychothérapie a montré que l’activité de certaines de leurs structures cérébrales se modifie à la suite du traitement : diminution de l’activité du noyau caudé chez des patients obsessionnels, diminution de l’activité de la région préfrontale chez des patients déprimés… Les effets obtenus sont comparables en intensité à ceux obtenus à l’aide de traitements par les psychotropes. De plus, en comparant les effets de la psychothérapie et de la médication chimique, on s’aperçoit que les deux types de traitement peuvent agir sur des régions cérébrales différentes. Sur la base de ces résultats, la distinction dualiste entre des thérapies somatiques agissant sur le cerveau et des thérapies psychologiques ayant des effets purement objectifs, n’est plus tenable. Une complémentarité des deux approches est nécessaire, avec d’un côté les médicaments pour cibler les symptômes de fond (impulsivité, instabilité affective…), et de l’autre, la psychothérapie pour modifier les modalités relationnelles, les attitudes et le comportement du patient.

Il existe plusieurs méthodes psychothérapiques, qui n’opèrent pas toutes au même niveau du système nerveux. Les techniques cognitivo-comportementales agissent essentiellement sur les apprentissages automatiques: ceux-ci, constitués au cours de la petite enfance, ont permis l’acquisition de «schémas» utilisés ensuite lors d’interactions avec d’autres individus. Ils permettent une compréhension mutuelle immédiate, et favorisent l’établissement des relations interindividuelles. Lorsque, du fait de conditions de développement perturbées, les schémas fixés ne correspondent pas à ceux du répertoire commun, l’interaction avec d’autres individus devient conflictuelle, voire impossible. Des travaux des années 1990 ont découvert l’existence, chez le singe, d’un système de neurones qui pourraient expliquer ce mécanisme d’interaction. Ces neurones «miroirs» ont un caractère biface: ils s’activent aussi bien lorsque l’animal exécute une action que lorsqu’il observe la même action exécutée par un autre individu. Les neurones miroirs, dont l’existence est maintenant prouvée chez l’homme, constituent en somme, à l’intérieur du cerveau de l’observateur, une image des actions, du comportement, des expressions émotionnelles de l’autre. La psychothérapie pourrait trouver là un point d’impact pour modifier, par désapprentissage, les connexions responsables d’images faussées, génératrices d’incompréhension et de conflits.

La thérapie d’inspiration psychanalytique met également en jeu la plasticité neuronale. Elle offre en effet toutes les possibilités pour la constitution, au cours de la cure, d’une relation interpersonnelle active. Le psychanalyste intervient dans des conditions bien définies, comme interprète et comme élément de stabilité, de confiance, de dialogue. La relation thérapeutique devient alors un cadre d’interaction où s’élaborent le réaménagement, la reconstruction par le patient de ses propres modes de représentation de soi et de l’autre. Dans un cadre renouvelé, celui de la «neuropsychanalyse» en vogue dans les pays de langue anglaise, on peut maintenant envisager des systèmes neuronaux dont la modification plastique pourrait constituer la base d’intervention de la psychothérapie psychanalytique. Là encore, les neurones miroirs pourraient jouer un rôle en facilitant l’empathie entre le patient et son analyste (et réciproquement), et en rendant possible le travail permettant à l’analyste d’accéder au fonctionnement cognitif explicite de son patient. Une réorganisation s’opère alors sur le contenu du compartiment conscient de la mémoire (la mémoire autobiographique). Le patient, avec l’aide de son thérapeute, réinvente une narration de son passé.

La relation dans le cadre de la psychothérapie psychanalytique est compréhensive et subjective: elle fait appel à la volonté consciente du patient. Dans les thérapies cognitivo-comportementales, la relation est objective et collaborative: la «réparation» s’opère à un niveau connu du seul thérapeute. Mais dans les deux cas, la relation se construit et joue son rôle pour le réarrangement et la reconfiguration des réseaux neuronaux; dans les deux cas, la psychothérapie ne peut être que «neuronale».


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