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La Thérapie par Réalité Virtuelle (TRV)

Alexandra Rivière-Lecart est psychologue clinicienne. Elle pratique la Thérapie virtuelle ou Thérapie par Réalité Virtuelle (TRV) depuis 2016, dans son cabinet libéral à Paris 8e.

En 2009, elle était en formation universitaire en Thérapie Virtuelle dans le Centre Emotion du CNRS à l’hôpital de la Pitié-Salpêtirère, pour la prise en charge des troubles anxieux. Elle aidait à traiter, grâce à la Thérapie Virtuelle, des phobies telles que la claustrophobie ou l’agoraphobie.

Aujourd’hui, elle pratique la Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV) dans son cabinet pour traiter les phobies, les troubles alimentaires et les addictions. Ses thérapies sont intégratives et associent la Thérapie Virtuelle et les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) ainsi que la Thérapie Analytique et la Thérapie Existentielle, afin d’obtenir plus d’efficacité thérapeutique.

Elle utilise également les environnements virtuels en milieux naturels, afin de proposer à ses patients avec tous types de pathologies ou de demandes, des séances de relaxation efficaces.

Elle propose des thérapies pour adultes.

 

« L’anxiété peut être réduite chez les patients qui en sont victimes en les exposant à des stimulis liés à leurs phobies dans des environnements virtuels thérapeutiques. Des études menées depuis une dizaine d’années ont prouvé qu’associer une thérapie cognitive classique à l’usage d’un casque de réalité virtuelle donnait de meilleurs résultats et en moins de temps. »
Stéphane Bouchard, titulaire de la chaire de recherche du Canada en cyberpsychologie

« La majorité des études attestent d’une efficacité significative de la thérapie par exposition à la réalité virtuelle dans le traitement des différents troubles mentaux »
Eric Malbos, Médecin a l’hôpital de la conception à Marseille

Articles

Historique

La réalité virtuelle n’était au départ pas destinée à être utilisée à des fins thérapeutiques. Le casque HMD permettant la vue en 3D d’une scène a été créé en 1968. Auparavant, le casque a surtout été utilisé à des fins artistiques. Ce n’est que dans les années 1980 que l’équipement a commencé à être utilisé par la NASA en tant qu’outil d’entraînement et par les militaires pour simuler respectivement la conduite de navettes, de tanks et d’hélicoptères. Dès lors, et surtout à partir du début des années 1990, le champ des applications possibles s’est progressivement élargi vers le médical. Les premières recherches ont eu lieux aux États-Unis et en Italie. Elles portaient sur les phobies « spécifiques  » : peur de l’avion, peur des hauteurs… Jusque-là, on confrontait les patients à un élément réel : une araignée velue, un avion sur le tarmac… Mais voler en avion coûte cher, élever des araignées est compliqué… Les thérapies virtuelles permettent donc de reproduire virtuellement ces situations anxiogènes.

Objectifs

L’objectif des Thérapies par Réalité Virtuelle (TRV) est de compléter les thérapies, en particuliers les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), par une immersion virtuelle du patient dans ses situations anxiogènes, au lieu de l’immersion en imaginaire. L’avantage des TRV est la qualité de l’exposition où le patient et sont cerveau se croient vraiment exposés à la phobie. Les exercices thérapeutiques sont plus efficaces. Autres les « techniques d’exposition », l’avantage est également que le psychologue peut accompagner son patient dans les exercices et le rassurer, l’encourager, l’aider. L’objectif des Thérapies par Réalité Virtuelle (TRV) est d’immerger le patient dans des environnements virtuels afin qu’il puisse graduellement réapprendre à se confronter à ses phobies et retrouver autonomie et liberté. En s’habituant à la confrontation avec l’objet de ses peurs, le phobique se désensibilise.

Thérapie Virtuelle et neurosciences

La découverte des bases neurales de la stimulation, grâce à des techniques d’imagerie cérébrale, a montré que l’être humain activait les mêmes zones du cerveau (aires motrices) lorsqu’il exécute réellement une action et lorsqu’il la stimule mentalement. Cela signifierait donc que l’exposition en réalité virtuelle reviendrait pour le cerveau à une exposition in vivo. Par exemple, dans le cas des ptophobies (peur de tomber), le thérapeute va demander au patient de s’imaginer qu’il marche dans l’environnement virtuel. Ainsi, non seulement les patients s’habituent à avoir une perception plus sécurisante de leur marche dans l’environnement virtuel, mais cette simulation mentale pourrait aussi avoir un impact sur la perception de leur marche dans le monde réel. Ceci permettrait de reprendre de reprendre confiance en des capacités à « faire face » avant de s’engager dans une confrontation avec l’objet de leur peur dans le monde réel. D’autres procédures innovantes sont utilisées, par exemple avec des exercices interactifs multimédias, via un grand écran et une caméra détectant les mouvements des sujets.

Pour quels troubles ?

La Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV) est préconisée dans le traitement des troubles anxieux tels que les phobies, le trouble anxieux généralisé, le stress post-traumatique ainsi que les troubles obsessionnels (TOC), mais également les troubles alimentaires et les addictions. Le protocole en Thérapie Virtuelle est actuellement disponible pour les pathologies suivantes :

Phobies

  • Claustrophobie (peur des espaces confinés, des lieux clos et de l’enfermement)
  • Agoraphobie (peur des espaces ouverts et des endroits où on ne peut pas sortir facilement)
  • Ochlophobie (peur des endroits où il y a beaucoup de personnes, peur de la foule)
  • Aviophobie/aérodromophobie (peur des avions, des voyages en avion)
  • Acrophobie (peur du vide et des hauteurs)
  • Amaxophobie (phobie de conduire)
  • Glossophobie (peur de parler en public ou devant un groupe)
  • Bélénophobie (peur des épingles et des aiguilles)
  • Arachnophobie (peur des araignées et des arachnides)
  • Ailurophobie (peur des chats)
  • Cynophobie (peur des chiens)
  • Ornitophobie (peur des oiseaux, peur des pigeons)
  • Emétophobie (peur de vomir)

Troubles alimentaires

  • Dysmorphophobie (vision de son propre corps)
  • Exposition à la nourriture (fast food, sucré, salé, bonbons, chocolat, plateau divers…)
  • Magasin/rayons de supermarchés (pâtisseries, sodas, chips, biscuits chocolatés, glaces…)

Addictions

  • Alcool
  • Comptoir de café
  • Salon avec apéritif (vin, Whisky coca, Pastis…)
  • Terrasse de café avec des personnes en train de boire de l’alcool
  • Tabac
  • Cuisine avec cigarettes
  • Chez un buraliste
  • Terrasse de café avec des fumeurs
  • Abribus avec des personnes en train de fumer

Relaxation

  • Séances relaxantes dans la nature en réalité virtuelle (plage, forêt, jardin, campagne, paysage sous la neige, bord d’un volcan, dans l’espace…)

Déroulement d’une séance

Le patient phobique est équipé d’un casque permettant la vision en 3D d’une scène pouvant provoquer un trouble (regarder le vide, descendre un escalier, traverser une route, prendre l’ascenseur, parler devant un public, être dans le métro…). L’ensemble de son champ de vision est plongé dans un monde virtuel qui n’a plus aucun lien avec le réel. Il devient acteur d’un autre monde en trois dimensions, qui change naturellement en fonction des mouvements de la tête et du corps. Le patient se sent rassuré par le fait qu’il ne risque rien durant la séance, puisqu’il ne s’expose qu’à des dangers virtuels, et le psychologue est à ses côtés. De plus, la thérapie s’effectue de façon progressive, chaque programme de Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV) étant évolutif. « L’immersion progressive permise par la réalité virtuelle est moins violente que si on expose le patient à une vraie araignée ou à un vrai vol d’avion », explique le Pr Stéphane Bouchard.

La Thérapie en Réalité virtuelle (TRV) n’est pas immédiate, elle est progressive et s’effectue après quelques séances où le patient explique son trouble et les conséquences dans sa vie quotidienne, évalue son degré d’anxiété, effectue la hiérarchisation des situations et travaille ses pensées par de la restructuration cognitive. Les séances en Réalité Virtuelle sont préparées en amont et encadrées lors de chaque séance par le psychologue. Des séances de relaxation sont également disponibles en Thérapie Virtuelle en complément des situations phobique travaillées. Les techniques de relaxation et de respiration seront utiles pour apprendre à gérer sa réaction face à ses peurs.

Les séances en Thérapie par Réalité Virtuelle (TRV) sont progressives en fonction de l’évolution thérapeutique du patient. Par exemple, pour un phobique de l’avion, les possibilités d’expositions sont multiples. Un avion en réalité virtuelle peut être plein, à moitié plein, vide… Si la personne a besoin de rentrer et sortir de l’avion au décollage ou pendant le vol, c’est possible. De même pour quelqu’un qui a la phobie du sang, ou des araignées, il sera immergé dans un environnement où il sera mis en contact, étape par étape, avec sa peur.

Actuellement, la réalité virtuelle reste très « visuelle » ainsi qu’auditive, mais les études en cours travaillent sur des reproductions de situations dans lesquelles seraient intégrés des éléments tactiles et mêmes des odeurs.

 

Différence entre la Thérapie en Réalité Virtuelle (TRV) et la Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC)

La TRV (Thérapie par Réalité Virtuelle) fait partie des psychothérapies cognitivo-comportementale (TCC). Ces dernières s’appuient sur l’expérience et le présent en vue de comprendre et de modifier les troubles psychologiques. Le patient est amené à prendre conscience de ses croyances négatives grâce à l’aide du thérapeute. Parmi les TCC, la thérapie d’exposition consiste à se confronter à ses peurs de façon graduelle afin d’adopter un nouveau comportement. Traditionnellement, le patient doit recréer soit mentalement par un effort d’imagination, soit dans la réalité (thérapie dite in vivo), l’objet de sa phobie. La TRV est une forme particulière de thérapie d’exposition. Elle se fait sous une nouvelle forme : virtuellement, c’est-à-dire à travers un monde immersif en trois dimensions.

 

 

 

Contacts de Thérapie par Réalité Virtuelle (TRV) en milieu hospitalier

Centre Hospitalo-Universitaire de la Pitié-Salpêtrière
Service psychiatrie du professeur Jouvent
50/52 Boulevard Vincent Auriol 75013 Paris
Tel : 01 42 16 28 09

Centre Hospitalo-Universitaire de la Conception
Service psychiatrie du professeur Lançon
147 Boulevard Baille, 13005 Marseille
Tel : 04 91 43 55 52


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