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Alexandra Rivière – Psychologue clinicienne – Paris

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Source : Lien vers la page « Trouver un psychologue remboursé »

« L’IA sur le divan :

pourra-t-elle un jour remplacer les psy ? »

L’Intelligence Artificielle remplacera-t-elle les psychologues ? L’une traite l’information, l’autre accueille l’émotion. Si l’IA peut devenir un assistant précieux pour la santé mentale, elle bute en revanche sur ce qui fait le cœur du soin : la rencontre entre deux humanités (ou deux « âme » selon une approche jungienne). L’IA est une bibliothèque infinie, mais le psychologue est un miroir vivant.

Il faut être honnête, l’IA possède des atouts que l’humain n’aura jamais : une disponibilité 24h/24,  une absence totale de jugement (pour certains patients, il est plus facile d’avouer un secret « honteux » à une machine qu’à un humain, par peur du regard de l’autre…), une mémoire absolue et elle excelle dans la psychoéducation (expliquer des concepts, donner des exercices etc.).

La thérapie n’est pas un transfert de données, c’est un processus relationnel. Les études montrent que 30 à 50 % de la guérison vient de la qualité du lien entre le patient et le psychologue, c’est ce qu’on appelle « l‘alliance thérapeutique ». Ce sentiment d’être « porté » (holding de Winnicott) par une autre conscience humaine, ne se simule pas. En séance, le psychologue capte un soupir, un changement de posture, un silence trop long, une émotion dans le regard… L’IA analyse les mots, pas le le « langage du corps et l’infra-verbal : le psychologue analyse l’être. Une IA suit des probabilités statistiques. Un psychologue, lui, peut avoir des intuitions, improviser, s’adapter, faire une métaphore inattendue ou utiliser l’humour pour briser une résistance… l’IA tend à nous donner ce que nous voulons entendre (ou ce qu’elle pense être « sûr »). Un bon psychologue est celui qui confronte, qui bouscule avec bienveillance. L’IA risque de maintenir le patient dans une zone de confort, là où la thérapie demande parfois de traverser l’inconfort pour grandir.

Plutôt que de « remplacement », parlons de collaboration. L’IA peut être utilisée comme assistant de suivi entre deux séances (noter ses émotions, faire des exercices…) et le psychologue rester un « pilote » de la profondeur, garant du cadre éthique et de la sécurité affective. On peut confier son histoire à une machine, mais on ne peut réparer son cœur qu’au contact d’un autre cœur et d’une autre âme. L’IA sera peut-être une béquille, mais le psychologue restera celui qui peut tenter avec vous d’apprendre l’autonomie, la confiance en soi, la confiance en le lien et la sérénité à nouveau.

écrit par Alexandra Rivière – Psychologue clinicienne (2026)

Conseils de « psy » si vous utilisez une IA :

  • Anonymisez-vous : Ne donnez jamais de noms réels, de lieux précis ou de détails qui permettraient de vous identifier (entreprise, adresse, etc.).
  • Gardez l’esprit critique : Rappelez-vous que l’IA ne « ressent » rien. Elle prédit le mot suivant. Si elle vous dit qu’elle vous aime ou qu’elle est triste pour vous, c’est un calcul, pas une émotion.
  • Ne l’utilisez pas pour l’urgence : En cas de pensées suicidaires ou de danger, l’IA peut « bugger » ou donner une réponse « cliché ». Référez-vous toujours aux numéros d’urgence officiels (cliquez ici).

    L’éthique et la protection des données

    En thérapie, le secret professionnel est le socle de la confiance. Confier ses émotions à une intelligence artificielle n’est pas un acte neutre. Contrairement au psychologue, soumis à un code de déontologie strict et au secret professionnel, l’IA appartient à des sociétés privées. Parler à une IA, c’est un peu comme confier son journal intime à une entreprise qui a des serveurs dans le monde entier. Vos données sont envoyées sur des serveurs (souvent aux États-Unis) et stockées, dans la plupart des cas, utilisées pour « entraîner » les futurs modèles. Même si c’est « anonymisé », la précision de vos récits peut parfois permettre de vous identifier indirectement. Un psychologue est responsable de ce qu’il vous dit. Si une IA vous donne un « conseil » dangereux ou inapproprié lors d’une crise, il n’y a pas de responsable légal clair. L’IA n’a pas de conscience morale, elle n’a que des probabilités de réponse. Enfin, une entreprise peut décider du jour au lendemain de changer son algorithme, de rendre le service payant ou de le supprimer. Le danger est de vivre un second traumatisme d’abandon si l’IA qui vous « écoutait » chaque soir change soudainement de personnalité ou disparaît. Un psychologue, lui, travaille justement sur votre autonomie pour que vous n’ayez plus besoin de lui à terme.

    « Pourquoi elles ne partent pas? » L’emprise : une prison sans murs

    On entend toujours cela en 2026…

    Comment est-ce possible ?

    Après tout ce qu’on sait aujourd’hui sur les violences conjugales, la relation d’emprise et les féminicides !

    Parce que la parole sauve et que le verbe est créateur, petite contribution d’une psychologue pour essayer d’en finir avec le tabou…

    • Où en est-on aujourd’hui en France (mars 2026) ?
    • La mécanique de l’enfermement psychique
    • L’aliénation conjugale ou quand le cerveau devient son propre geôlier : Le trauma comme réorganisation du cerveau
    • Pourquoi le départ n’est pas une question de courage ?

    Source : lire l’article « Pourquoi elles ne partent pas ? L’emprise : une prison sans murs »

    Le 8 mars : Réparer la narration féminine

    En ce 8 mars 2026, je ne souhaite pas célébrer une journée de plus dans le calendrier, mais mettre en lumière un processus psychologique fondamental : la réappropriation de sa propre histoire. Dans mon cabinet, j’écoute quotidiennement des femmes dont la narration personnelle a été confisquée, fragmentée ou réécrite par des systèmes d’emprise. Qu’il s’agisse de violences conjugales ou de perversion narcissique, ces situations ne sont pas seulement des chocs physiques ou émotionnels ; elles sont une attaque directe contre la capacité de la victime à se définir elle-même.

    Le trauma comme outil de musellement

    Le traumatisme psychique, et tout particulièrement le trauma complexe, fonctionne comme un « effaceur » de récit. Quand une femme est victime d’emprise, le prédateur ne cherche pas seulement à contrôler ses actes ; il cherche à contrôler sa pensée. Il lui impose son propre langage, sa propre vision du monde, et finit par lui faire douter de sa perception de la réalité. C’est ce que nous appelons l’effraction psychique.

    La résilience comme acte « politique »

    Se réapproprier son histoire — dire « voici ce qui m’est arrivé, voici ce que j’ai ressenti, et voici qui je suis maintenant » — est un acte politique majeur. C’est transformer une blessure subie en une identité choisie. Le 8 mars, c’est cela : passer du statut d’objet narratif (celui que les autres définissent) à celui de sujet narrateur (celui qui écrit sa propre vie).

    Le soin comme espace de liberté

    Si je consacre mon temps à accompagner les victimes de ces systèmes destructeurs, c’est parce que je crois profondément en la puissance du langage. Le soin et la thérapie ne sont pas là pour « réparer » une femme comme on répare un objet, mais pour lui redonner le stylo. Aujourd’hui, je propose que chaque femme qui lit ces lignes se pose cette question : « Quelle partie de mon histoire ai-je laissé quelqu’un d’autre écrire à ma place ? » Prendre conscience de cette dépossession est le premier pas vers la reconquête de soi. C’est un travail de chaque instant, courageux et nécessaire…

    Alexandra Rivière – Psychologue clinicienne (08/03/2026)

    Aujourd’hui, c’est le 8 mars. Vous entendrez peut-être parler de la « Journée de la femme ». Mais en réalité, c’est la Journée Internationale des Droits des Femmes. Ce n’est pas une fête commerciale avec des fleurs, c’est une journée pour se souvenir du chemin parcouru par toutes celles qui, avant nous, se sont battues pour que nous puissions être libres. Au début du 20ème siècle, les femmes n’avaient quasiment aucun droit : elles ne pouvaient pas voter, elles gagnaient beaucoup moins d’argent que les hommes et n’avaient pas leur mot à dire sur leur propre vie.
    Le 8 mars, on célèbre la mémoire de ces femmes ouvrières qui, en 1917, à Saint-Pétersbourg, sont descendues dans la rue pour réclamer du « pain et la paix ». C’est le point de départ d’un mouvement mondial qui s’est étendu pour réclamer l’égalité…

    Donald Trump est-il totalement fou ? Entretien avec Elisabeth Roudinesco sur le pouvoir délirant de la Maison-Blanche

    Après la scène shakespearienne à la Maison-Blanche, lors de laquelle Donald Trump a reçu un prix Nobel imaginaire, la question de sa santé mentale refait surface.

    Pour Élisabeth Roudinesco (historienne de la psychanalyse et une directrice de recherche à l’université Paris-Diderot), il ne s’agit pas de livrer un diagnostic des pathologies d’un homme mais de comprendre pourquoi un système politique entier accepte de se plier à un délire narcissique sans limites.

    Lucie Berkovitch : « Les psychédéliques sont une révolution dans le traitement de la dépression »

    Face aux dépressions résistantes et aux addictions sévères, les psychédéliques tels que la psilocybine ou le LSD suscitent un regain d’intérêt. Des essais cliniques suggèrent qu’une prise encadrée peut induire une amélioration durable des symptômes. Entretien avec Lucie Berkovitch, psychiatre et responsable de la recherche sur ce sujet à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris…

    Limérence : la maladie de l’amour

    La limérence n’est pas un « amour intense », c’est un état psychologique involontaire caractérisé par une obsession romantique extrême. C’est un besoin anxieux et vital de réciprocité. C’est également un paradoxe, contrairement à l’amour sain, qui cherche le bonheur de l’autre, la limérence place le besoin d’être ensemble, au-dessus de la volonté de l’autre. Sans prise en charge thérapeutique, cet état peut durer longtemps. Cet article souligne la proximité entre la limérence et le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC), avec des troubles cognitifs  : pensées intrusives, rumination constante sur l’être aimé, peur panique du rejet, idéalisation totale et labilité émotionnelle (passer de l’extase au désespoir)… Ainsi que des symptômes physiques : tachycardie, tremblements, « nœuds » à l’estomac, insomnies et bégaiement... et des symptômes comportementaux : surveillance (stalking), contrôle, perte de productivité et isolement social… Les racines sont souvent profondes et liées à l’enfance : carences affectives (enfants ayant souffert d’abandon ou d’une faible estime de soi…), mécanismes (à l’âge adulte, cela se traduit par une quête éperdue de validation à travers l’autre…) et des déclencheurs (une expérience positive intense ou, au contraire, une distance prolongée qui favorise l’imaginaire…).

    Source : lien article « Psychologue.net »

    Le livre « Et la joie de vivre » de Gisèle Pelicot

    Ce livre un témoignage puissant qui dépasse le simple fait divers pour devenir un acte de survie psychologique. Il retrace son parcours depuis la découverte de l’horreur (les viols orchestrés par son mari sous soumission chimique pendant dix ans) jusqu’à sa reconstruction publique. Gisèle Pelicot explique pourquoi elle a refusé le huis clos. Pour elle, « la honte devait changer de camp ». En exposant les faits, elle ne se pose pas en victime passive, mais en témoin d’un système de violence masculine et de lâcheté collective. Elle raconte également le combat quotidien pour se réapproprier son corps, qui a été traité comme un objet pendant une décennie. C’est une leçon de psychologie sur le trauma complexe et la manière dont on peut, petit à petit, chasser l’ombre pour laisser revenir des sensations de vie. Elle parle de la volonté de ne pas laisser ses agresseurs lui voler sa capacité à être heureuse et transforme sa tragédie en un message d’espoir pour toutes les victimes de soumission chimique.

     

    Février 2026

    Exercice « La Respiration de l’Espace »

    Pour donner corps à cette idée de « 99 % de vide » et d’assouplissement des frontières de l’Ego, cet exercice vous invite à passer d’une posture de défense rigide (la solidité apparente) à une posture d’ouverture consciente (la fluidité intérieure). Il vise à déconstruire physiquement la sensation de « solidité » pour inviter à une résonance avec l’extérieur.

    1. La prise de conscience des limites (la paroi) Asseyez-vous confortablement, les yeux fermés. Sentez votre corps, sa peau, ses points d’appui sur la chaise. C’est le niveau « solide », l’Ego, la frontière qui nous protège.

    2. L’immersion dans le vide (l’intérieur) : Imaginez, à chaque inspiration, « zoomer » à l’intérieur de votre propre corps, comme si vous traversiez votre peau, vos muscles, vos organes, pour atteindre le niveau microscopique. Imaginez que vous descendez au cœur de vos atomes. Il y a de l’espace, il y a de la lumière, il y a du mouvement. Sentez que ce ‘vide’ n’est pas du vide, c’est de l’énergie pure.

    3. L’ouverture (La résonance) : Imaginez que les frontières de votre peau deviennent poreuses, comme un filtre très fin. À chaque inspiration, laissez l’énergie de la pièce, le calme, ou le son ambiant, entrer dans cet espace vide en vous. À chaque expiration, laissez votre propre énergie sortir et se mélanger à l’extérieur. Ne cherchez pas à retenir. Vous n’êtes plus un objet isolé, vous êtes un espace qui respire avec le monde.

    4. L’ancrage (Le retour) : Revenez doucement à la sensation de vos pieds sur le sol, pour ré-habiter votre corps solide, mais avec cette nouvelle conscience que cette « armure » est en fait une membrane vivante, capable d’échanger et de ressentir.

    99% de vide : Pourquoi nous sommes plus que ce que nous voyons ?

    Si vous regardiez votre main à travers un microscope ultra-puissant, vous ne verriez pas une surface solide et continue. Vous verriez un espace immense, ponctué de minuscules points d’énergie qui dansent à des vitesses folles. En réalité, un atome est composé à 99,99 % de vide. Si l’on enlevait tout l’espace vide de nos atomes, le corps humain entier pourrait tenir dans le volume d’un grain de sable. Alors, pourquoi avons-nous l’impression d’être des êtres solides, fermés sur nous-mêmes?

    La physique de la séparation

    Pourquoi ne nous traversons-nous pas comme des fantômes ? Parce que ce que nous percevons comme de la « solidité », c’est en fait une force : la répulsion électromagnétique. Nos atomes ne se touchent jamais vraiment, ils se repoussent, créant une barrière invisible qui définit nos limites. Sur le plan physique, cette force est indispensable pour que le monde existe. Mais sur le plan psychologique, elle devient parfois une métaphore de notre souffrance.

    L’illusion de l’Ego : notre armure de vide

    Dans la psychologie analytique de Carl Jung, cette « solidité » apparente correspond à notre Ego. Pour exister en tant qu’individu, nous avons besoin de cette armure. Nous traçons une frontière entre « moi » et « le reste du monde ». C’est une étape nécessaire de notre développement. Pourtant, cette armure, si elle est trop rigide, finit par nous isoler. Nous oublions que, comme les atomes, nous sommes avant tout faits de « vide » — cet espace intérieur immense qui nous connecte à l’inconscient collectif, au Tout, à l’univers.

    Apprendre à se traverser (avec le cœur)

    Si nous sommes majoritairement du vide, cela signifie que nous sommes des êtres poreux. Nous sommes conçus pour laisser passer la lumière, les émotions, et surtout, l’autre. Le travail thérapeutique ressemble alors à cet apprentissage : – Reconnaître nos limites : Comprendre comment notre Ego s’est construit pour nous protéger (cette force électromagnétique qui nous isole). – Réapprendre la fluidité : Réaliser que le « vide » en nous n’est pas une absence, mais une disponibilité. C’est l’espace où l’amour agit comme le seul liant capable de franchir les frontières de l’Ego.

    En thérapie, nous ne cherchons pas à supprimer cette « solidité », mais à rendre les frontières plus souples. Nous apprenons que, malgré l’illusion de la séparation, nous sommes tous reliés par ce qui nous constitue au plus profond : cette même énergie invisible, cet espace sacré que l’on appelle souvent la conscience ou, plus simplement, l’humanité.

    Nous ne sommes pas un mur infranchissable, nous sommes un univers en mouvement.

    Le « Victim Blaiming »

    (ou culpabilisation de la victime)

    C’est un mécanisme psychologique et social qui consiste à tenir la victime d’un crime, d’une agression ou d’un accident pour responsable — partiellement ou totalement — de ce qu’elle a subi. Au lieu de se concentrer sur l’acte du coupable, l’attention se déplace sur le comportement, la tenue, les paroles ou les choix de la victime. Le victim blaming déclenche souvent une double peine :

    • La première peine : Le traumatisme de l’acte lui-même
    • La seconde peine : Le rejet ou le jugement de la société (ou des proches). Cela mène à la honte, au silence et à l’isolement.

    Pourquoi fait-on cela (les mécanismes de défense) ?

    • La Croyance en un « Monde Juste » : C’est le biais le plus puissant. Pour se sentir en sécurité, l’être humain a besoin de croire que « les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes ». Si j’admets qu’une personne innocente peut être agressée sans raison, cela signifie que ça peut m’arriver aussi. En trouvant une « faute » chez la victime (« Elle n’aurait pas dû sortir si tard »), le cerveau se rassure : « Moi je ne sors pas tard, donc je suis à l’abri ».
    • Le Biais d’Attribution : On attribue l’événement à un trait de caractère de la victime (« Elle est trop naïve ») plutôt qu’à la malveillance de l’agresseur ou aux circonstances.
    • L’Inversion Accusatoire : Très utilisée par les personnalités narcissiques où l’agresseur se positionne en victime pour que la vraie victime finisse par s’excuser.

      Les Endorphines (les opioïdes endogènes) sont des neuropeptides produits par l’hypophyse et l’hypothalamus lors d’un stress physique ou émotionnel intense. Leur structure chimique est proche de celle de la morphine. 

      La Sérotonine (le neuromédiateur du contrôle) est une monoamine synthétisée à partir du tryptophane (un acide aminé). Elle est majoritairement produite dans l’intestin (90%) et dans les noyaux du raphé au niveau du tronc cérébral. Elle régule l’humeur, l’agressivité, le cycle veille-sommeil et la température corporelle. Elle a un rôle inhibiteur, permettant de modérer les pulsions.

      L’Ocytocine (le neuropeptide de l’attachement) est une hormone peptidique synthétisée par l’hypothalamus et sécrétée par la neuro-hypophyse. En psychologie médicale, on l’appelle « l’hormone du lien » car elle réduit le cortisol (stress) et favorise les comportements prosociaux, l’empathie et la reconnaissance faciale des émotions.

      La Dopamine (le neurotransmetteur de l’action) agit sur le système de récompense (mésocorticolimbique). Elle régule la motivation, l’anticipation du plaisir et la fonction motrice. Un excès est souvent lié aux comportements addictifs (recherche perpétuelle de « shoot » de dopamine).

      La « Filmothérapie « : Quand le cinéma devient un outil thérapeutique

      Le cinéma est souvent perçu comme un simple divertissement. Pourtant, depuis plusieurs décennies, les professionnels de la santé mentale explorent le potentiel du septième art comme médiateur thérapeutique. La filmothérapie ne consiste pas à « regarder un film pour se sentir mieux », mais à utiliser la puissance narrative et symbolique de l’image pour favoriser un travail introspectif. La filmothérapie repose sur des mécanismes psychologiques bien identifiés :

      • L’identification : Le spectateur se projette dans le vécu émotionnel d’un personnage. Cela permet de mettre des mots sur des émotions parfois enfouies ou indicibles.
      • La projection : En observant un conflit chez un personnage tiers, le patient peut mettre à distance ses propres difficultés. Cette « distance esthétique » rend certains sujets plus faciles à aborder.
      • La catharsis : Le fait de vivre intensément des émotions à travers le film (peur, tristesse, joie) aide à libérer des tensions psychiques accumulées.

        Au-delà de l’émotion individuelle, le cinéma est un laboratoire d’observation des interactions humaines. Il permet de mettre en lumière des schémas de communication, des dynamiques de pouvoir ou des cycles d’emprise. En analysant les relations entre les personnages, le spectateur peut :

        • Identifier des comportements toxiques dans son propre environnement.

        • Observer des stratégies de résilience chez les protagonistes.

        • Développer une meilleure compréhension des enjeux relationnels complexes.

        Dans un cadre thérapeutique, le choix d’une œuvre ne se fait pas au hasard. Il répond à des objectifs précis :

        • La psychoéducation : Expliquer un trouble ou un mécanisme psychologique par l’exemple.

        • La réactivation émotionnelle : Utiliser une séquence précise pour explorer une émotion bloquée.

        • Le soutien au processus de changement : Valoriser les étapes de transformation d’un personnage pour inspirer le patient.

        La filmothérapie n’est pas une « solution miracle », mais un complément précieux à la thérapie verbale. Elle enrichit le dialogue entre le patient et le thérapeute en offrant un langage commun, symbolique et universel, capable de faire résonner des vérités intérieures que les mots seuls peinent parfois à atteindre.

        Suzane (nom de scène de l’autrice-compositrice-interprète française : Océane Colom). Elle écrit et compose ses propres textes, souvent décrits comme des « chroniques sociales » ou des « miroirs de notre époque ». 

        Chanson « Je t’accuse » de Suzane (2026)

        « Je t’accuse » est un cri viscéral contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Après avoir elle-même révélé avoir été victime de viol avant le début de sa carrière, Suzane transforme sa douleur en une offensive collective. Elle cite des prénoms (comme celui de Gisèle Pelicot ou d’autres victimes emblématiques) pour sortir les chiffres de l’anonymat. Elle ne s’adresse pas seulement aux agresseurs, mais à la Justice et à la société qui détournent le regard. Elle dénonce la passivité et le « silence complice ».

        Le titre est un hommage direct au célèbre manifeste de Zola publié le 13 janvier 1898 dans L’Aurore. Cet acte artistique est une forme de catharsis. En reprenant les codes de Zola, Suzane passe du statut de « victime » (subir) à celui d' »accusatrice » (agir). Elle combat le Victim Blaming en rappelant que la responsabilité est structurelle et non individuelle. C’est l’illustration de la résilience et de la sublimation : transformer un trauma destructeur en une œuvre créatrice qui protège et éveille les autres.

         

        Quand le cerveau dérègle le récit : la justice face au défi du psychotraumatisme

        La procédure pénale repose sur l’analyse critique des déclarations des victimes. Mais que vaut cette grille de lecture lorsque le trauma altère la mémoire, les émotions et le comportement ? En présence de mécanismes neurobiologiques désormais établis, persister à rechercher une homogénéité absolue du récit peut révéler moins une exigence probatoire qu’un biais cognitif institutionnalisé.

        Ruelle sombre

        Chanson de Lisa Pariente ‧ 2025

        Paroles

        « Non maman, c’était pas tard le soir dans une ruelle sombre. Non maman, c’était pas dans ce bar où les lumières grondent. C’était pas dans un bois contre un arbre par un étranger. C’était pas dans les bras d’un lascar qui m’a kidnappée…

        Je connaissais ses yeux, je connaissais ses mains. Je connaissais le poids, de son corps sur le mien. Mais il a été tendre, j’crois, j’ai oublié. A pris c’qu’il voulait prendre, mais sans me réveiller…

        Non maman, j’étais pas provocante dans mon pyjama. Et pourtant je suis pas innocente, dira-t-on de moi. Et promis, je n’en parlerai pas, puis qui me croira? Ironie, car au fond même toi, tu ne le sais pas…

        Tu connaissais mon cœur, tu connaissais mon rire. Tu déchires ma pudeur, en me laissant dormir. Au moins j’peux pas m’défendre, non, j’peux pas crier. Faudrait pas se faire prendre, ni me réveiller…

        Pas de rêves cette nuit. Avec un cauchemar dans mon lit… »

        C’était mon premier amour, c‘était mon cousin, c‘était mon père, c‘était grand frère, c‘était mon entraîneur, c’était un ami, c‘était mon copain, c’était mon grand-père, c’était un ami d’enfance, c’était mon mari…

        « T’étais capable du mieux. T’as préféré le pire. Je te fais mes adieux et je garde en souvenir. Non, ne t’en fais pas, j’avance vers mon bonheur. Et toi ça te fait quoi d’être un violeur ? »

          La grossophobie et ses impacts psychiques

           

          La grossophobie n’est pas qu’une question d’image corporelle, c’est un système d’oppression qui impacte directement la santé mentale, l‘estime de soi et même parfois l’accès aux soins. La grossophobie n’est pas une simple « moquerie », c’est l’ensemble des attitudes, des comportements et des systèmes qui stigmatisent, excluent ou discriminent les personnes grosses (discrimination systémique). On associe souvent (à tort) le poids, à des traits de personnalité (paresse, manque de volonté, laisser-aller..). C’est une erreur fondamentale d’attribution. Parfois même dans le milieu médical, la plainte d’un patient peut être ramenée à son poids (« Perdez du poids et ça ira mieux »), occultant souvent de réelles pathologies. Ce déni de soin peut entraîner une méfiance envers le corps médical et un retard de prise en charge.

          Les impacts de la grossophobie sur la santé mentale peuvent être multiples : la peur d’être jugé ou de ne pas « entrer dans les cases » (fauteuils trop étroits, regards dans les transports), des troubles du comportement alimentaire (TCA) (contrairement aux idées reçues, la stigmatisation ne « motive » pas à perdre du poids, elle pousse vers la restriction cognitive ou l’hyperphagie compensatoire) ou la dépression, car à force d’entendre que l’on n’est pas « conforme », on finit par intégrer ce mépris (auto-grossophobie)…

          Plutôt que de prôner une « acceptation » qui peut paraître inaccessible pour certains, tendons vers la neutralité corporelle : « Mon corps est mon véhicule. Il n’a pas besoin d’être « beau » selon des standards changeants pour mériter le respect, la sécurité et des soins de qualité ».

          Et « l’auto-grossophobie », c’est quoi ?

          C’est un aspect fondamental de la souffrance psychique, car il marque le moment où l’agression ne vient plus de l’extérieur, mais de l’intérieur (quand on devient son propre persécuteur). En clinique, l’auto-grossophobie (ou stigmatisation intériorisée du poids) est un mécanisme de colonisation de la pensée par les normes sociales dominantes. On finit par croire que les préjugés qu’on entend partout sont des vérités biologiques ou morales. On ne se voit plus comme une « victime de discrimination », mais comme un « coupable par manque de « volonté ». On ne dit plus « je suis gros », on dit « je suis nul », « je suis paresseux » ou « je ne mérite pas ». Le poids devient une mesure de la valeur humaine.

          L’auto-grossophobie fonctionne comme un système de punition interne permanent : les personnes peuvent s’interdire de manger par peur du jugement, ce qui crée une frustration immense (restriction cognitive), donc inévitablement, le corps réclame de l’énergie (le craquage et la culpabilité). Lorsqu’elles mangent, l’auto-grossophobie déclenche alors une honte toxique (« Je savais que je n’avais aucune volonté ») et cette honte va augmenter le niveau de cortisol (hormone du stress), ce qui peut favoriser le stockage des graisses et les comportements alimentaires compulsifs pour apaiser l’angoisse (Le cercle vicieux). Ces patients peuvent « s’auto-exclure » du monde pour « se protéger » du regard des autres (« Je ferai ce voyage quand j’aurai perdu 10 kg », « Je m’achèterai cette robe quand je serai mince »). Le présent est ainsi sacrifié à un futur idéal (le report de la vie). Paradoxalement, alors que ces personnes peuvent se sentir trop « visible » physiquement, elles peuvent chercher à devenir psychologiquement transparentes, à ne pas faire de bruit, à s’excuser d’exister… (la transparence forcée). Ces personnes finissent alors par devenir leur propre bourreau : elles n’ont plus besoin que quelqu’un les insulte dans la rue, elles le font elles-mêmes, devant leur miroir chaque matin. La guérison ne passe donc pas par le régime (qui renforce souvent le sentiment d’échec), mais par la dé-stigmatisation (identifier cette petite voix dans la tête qui n’est pas la nôtre, mais celle d’une société qui a peur de la diversité des corps).

          Manquons-nous de spiritualité dans notre monde moderne ?

          La question de la spiritualité dans notre modernité n’est pas une nostalgie romantique, mais une nécessité clinique et structurelle. Ce « manque » n’est pas une absence de religion, mais un étiolement du sens, une atrophie de la capacité à se relier à ce qui nous dépasse…

           

          La « surdouance » : Au-delà du QI, une autre manière d’habiter le monde

           

          La « surdouance » est un sujet délicat, car le terme « HPI » (Haut Potentiel Intellectuel) est aujourd’hui galvaudé, oscillant entre le « super-pouvoir » et le diagnostic à la mode… Il est essentiel de ramener la surdouance à sa réalité clinique : ce n’est pas « être plus intelligent », c’est fonctionner différemment. Être HPI, ce n’est pas simplement avoir un « moteur plus puissant », c’est avoir un système de navigation différent. Ce n’est pas une performance, c’est une neuroatypie qui colore l’ensemble de la personnalité, de la perception sensorielle à la gestion des émotions…

          « La série-film Bref. 2 : une véritable thérapie »

          de Kyan Khojandi & Bruno Muschio (2025)

          « Bref. 2 », est une véritable « masterclass psychologique » sur la quarantaine et la déconstruction masculine. On n’est plus dans le format de 2 minutes, mais dans 6 épisodes de 30 minutes qui permettent de creuser la psyché de « Je » avec une profondeur inédite. Douze ans après la série culte, on retrouve « Je ». Il a maintenant 40 ans. Le rythme est toujours là, mais le ton a changé. À travers des épisodes plus longs, on explore ses bilans de vie, ses galères financières, son célibat prolongé et son rapport à la filiation. La série-film ne se contente plus de raconter des anecdotes, il dissèque l’incapacité d’un homme à faire des choix et les conséquences émotionnelles de la procrastination existentielle. Bref. 2 est une œuvre sur la maturité forcée. Elle montre comment les mécanismes de défense que l’on s’est créés à 20 ans (l’humour, l’évitement, la mise à distance…) deviennent des « prisons » à 40 ans. C’est un film sur la catharsis : apprendre à pleurer la figure paternelle, à accepter ses échecs et à comprendre que « grandir », ce n’est pas réussir sa vie, mais arrêter de se fuir.

          « Est-ce qu’aller mieux (quand on a une pathologie ou un mal-être psychologique) est une question de volonté ? »

          C’est la question « piège » qui hante les patients comme les thérapeutes… (et qu’on m’a souvent posé). Elle touche au sentiment de culpabilité et à la définition même de la maladie. D’un point de vue clinique, la réponse est une nuance fondamentale : La volonté n’est pas le moteur de la guérison, elle en est le « carburant de secours ». En médecine, si vous avez une jambe cassée, aucune dose de volonté ne ressoudera l’os plus vite. L’os a besoin de temps, de nutriments et d’un plâtre. Pour une pathologie mentale (dépression, TCA, anxiété, TOC, phobies…), c’est la même chose : il y a une réalité biologique (neurotransmetteurs, plasticité cérébrale, inflammation…) sur laquelle la pensée consciente n’a pas de prise directe. 

          Il y a une confusion entre la la volonté et l’adhésion. La volonté (vouloir guérir) est souvent présente, mais elle s’épuise vite face aux symptômes. L’adhésion thérapeutique (consentir au soin) est ce qui compte vraiment. Aller mieux, ce n’est pas « vouloir » ne plus être malade, c’est accepter de mettre en place des stratégies (thérapies, rituels, traitements médicamenteux…) même quand on n’en a pas envie. La volonté ne guérit pas, mais elle permet de rester dans le cadre du soin. La volonté interviendrait sur environ 10 % de marge de manœuvre que nous laisse la pathologie (la « fenêtre d’action » de la théorie de l’autodétermination). Si la pathologie était un orage (les 90 % subis), la volonté serait ce qui nous permet de décider d’ouvrir notre parapluie ou de chercher un abri… Elle ne fait pas cesser la pluie, mais elle change l’expérience qu’on en a. Aller mieux, c’est élargir progressivement cette fenêtre d’action par « petits pas ». Cliniquement, l’injonction à la volonté peut être contre-productive. Si le patient essaie une thérapie, très motivé, mais n’y arrive pas (car sa chimie cérébrale ou ses traumas l’en empêchent par exemple…), il développe un sentiment qu’on nomme en psychologie « d’impuissance acquise » (« Je suis nul, même ma volonté ne suffit pas…« ). Cela renforce la pathologie. Le rôle du psychologue est de transformer une « volonté de fer » (rigide et culpabilisante) en une « souplesse de roseau » (acceptation et adaptation). Aller mieux n’est pas une question de force de caractère, mais une question de stratégie et de patience. Votre volonté ne sert pas à « combattre » la maladie, elle sert à vous « soutenir » pendant que le reste se soigne.

          écrit par Alexandra Rivière – Psychologue clinicienne (2025)

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