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Livre

« Psychologie des Vilains »

Décoder la manipulation et la l’emprise psychologique à travers les grands méchants de l’animation

écrit par Alexandra Rivière, Psychologue clinicienne

Brisez les mécanismes de l’emprise. Passez de la stupeur à la résilience.

Plonger dans les méandres de la psyché humaine à travers le prisme inattendu des Vilains de notre enfance, c’est accepter de regarder l’invisible pour mettre des mots sur l’indicible.

Véritables archétypes de prédation pure, ils utilisent sous nos yeux les leviers exacts qui empoisonnent nos relations réelles : la captation par la dette (Hadès dans Hercule), l’éviction systémique (la marâtre de Blanche-Neige), l’emprise hypnotique (Jafar dans Aladdin), la spoliation identitaire (Ursula dans La Petite Sirène), le populisme toxique (Scar dans Le Roi Lion) ou encore le parasitage intrusif et la programmation traumatique (Maléfique dans La Belle au bois dormant).

Alliant expertise clinique et pop culture, cet ouvrage décrypte ces structures perverses pour vous aider à briser le miroir et changer de perspective.

Inclus : Un « grimoire-thérapeutique » de survie et de reconstruction

  • Décoder : Un lexique de 50 signes cliniques pour identifier les pervers narcissiques.
  • Agir : Des tableaux de contre-manipulation et des outils d’urgence (zéro-JADE, BIFF, Grey Rock).
  • Se reconstruire : Une méthode de sevrage psychologique et de reconstruction de l’estime de soi.
  • Bonus : Tests psychologiques, évaluation de votre sécurité (Violentomètre) et éclairages cliniques (les différents types de manipulateurs, Jung, techniques de manipulation, violences systémiques, séquelles de l’emprise).

300 pages qui décryptent 13 Vilains de notre enfance

200 pages d’outils de contre-manipulation et de reconstruction

Vous ne verrez plus jamais les Vilains pareil…

Auteur

Alexandra Rivière est psychologue clinicienne, diplômée de l’Université de Paris VIII en 2009, spécialisée dans l’accompagnement des victimes de violences invisibles et systémiques depuis plus de 15 ans dans son cabinet. Alliant expertise thérapeutique et pop culture, elle propose dans cet ouvrage une méthode innovante de filmothérapie afin d’apprendre à décoder la manipulation, la perversion, l’emprise psychologique et transformer les blessures en outils de résilience.

Pour aller plus loin…

Liens & vidéos de l’auteur

Livres

Magazine

Mai 2026

Sciences Humaines

« Comment lutter contre nos démons intérieurs ? »

Emissions

Intervention de l’anthropologue Pascal Picq sur le constat des violences faites aux femmes au 21e siècles, quand 1 femme sur 3 dans le monde subit des violences sexuelles, psychologiques, économiques ou physiques, dans l’émission C à vous (juin 2026) >> cliquez ici

Intervention du Dr Gilles Lazimi, président de l’association Stop VEO, à la table ronde de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants (avril 2026) >> cliquez ici

    Films & séries

    2026

    2026

    2025

    2024

    2023

    2021

    2021

    2020

    2018

    2017

    2017

    2015

    2014

    2014

    2007

    Chansons

    Le violentomètre

    Les numéros qui sauvent

    « Se taire protège les prédateurs. Parler, témoigner, porter plainte, c’est s’aider soi-même, protéger ses sœurs et arracher le masque du silence. Faisons de nos histoires intimes une vérité collective et systémique : le déni s’arrête là où nos voix s’unissent. »

    Alexandra Rivière, psychologue et auteur

    Parce que je ne peux plus garder en huis clos la réalité clinique de ce que j’entends en cabinet, j’ai décidé d’écrire ce livre en me servant des archétypes accessibles de notre enfance pour participer à la prise de conscience, pour soutenir, pour porter la voix du collectif, pour rendre l’invisible visible, outiller les victimes à une plus grande échelle et partager mes connaissances sur les violences invisibles… Parce que le silence tue et qu’il est l’allié des prédateurs, osons parler et témoigner, chacun à notre échelle : professionnels, amis, proches, collègues, voisins… En parlant autour de vous, en osant porter plainte, vous validez votre propre réalité et vous offrez un bouclier à vos sœurs de combat. Se taire protège les bourreaux, parler dénonce le crime. Porter plainte, ce n’est pas seulement briser l’emprise, c’est aider les autres dans leurs procédures, forcer l’État à voir le nombre qui ne reflète pas du tout la réalité et inscrire la violence de genre dans la réalité des chiffres. Sortons de l’isolement : faire éclater la vérité individuelle, c’est forcer notre société à reconnaître que la violence conjugale est un crime de masse. Refusons l’invisibilité : chaque voix qui s’élève est une digue qui cède… Je vous crois, on vous croit.

    Des chiffres alarmants…

    Les archétypes de la pop culture ne sont que des miroirs grossissants d’une réalité de terrain…

    Le contrôle coercitif et les violences de genre : l’état de l’urgence en France (actualisation juillet 2026)

    En psychopathologie criminelle et en victimologie, les chiffres ne sont pas de simples statistiques : ils mesurent l’impact d’un système totalitaire privé. Derrière chaque donnée se cache un mécanisme de domination (isolement, dénigrement, menaces) qui prive la victime de son autonomie. Lorsque ce lien d’emprise se fissure, notamment lors d’une séparation,  l’agresseur peut basculer vers l’annihilation physique.

    Voici la réalité chiffrée des violences sexistes et sexuelles en France :

    🚨 Le décompte des féminicides depuis le 1er janvier 2026

    Parce que l’État ne publie ses rapports officiels consolidés qu’une fois par an (en fin d’année pour l’année précédente), les collectifs de terrain effectuent un travail crucial de recensement au mois le mois. Au 1er juillet 2026, les données révèlent :

    • 50 féminicides commis au sein du couple (cadre conjugal strict), recensés par le collectif Féminicides par compagnons ou ex.

    • 71 féminicides au sens élargi (incluant les crimes de genre hors couple, les transicides, etc.), recensés par le collectif #NousToutes.

    📊 Les données officielles annuelles (morts violentes au sein du coup)

    Selon les derniers bilans consolidés par le ministère de l’Intérieur (Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple) :

    • En moyenne, une femme meurt tous les deux à trois jours sous les coups de son partenaire ou ex-partenaire.

    • Chaque année, on déplore entre 120 et 140 féminicides conjugaux officiellement comptabilisés.

    • Dans plus de 20 % des cas, l’auteur du crime se suicide immédiatement après le passage à l’acte, illustrant le principe d’annihilation : « Si tu n’es plus à moi, tu n’existes plus, et je disparais avec mon système de contrôle. »

    📞 Les violences conjugales au quotidien

    Les forces de sécurité (police et gendarmerie) enregistrent une augmentation constante des signalements, reflet d’une libération de la parole mais aussi de la persistance du fléau :

    • Près de 244 000 victimes de violences conjugales sont enregistrées chaque année par les services de l’État (dont 86 % de femmes).

    • Moins de 1 victime sur 4 dépose plainte formellement, ce qui signifie que le chiffre noir (la réalité invisible en cabinet et à la maison) est massivement supérieur.

    ⚠️ Les violences sexuelles

    L’emprise se déploie également dans l’intégrité physique la plus intime :

    • On estime que 94 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année en France.

    • Dans 9 cas sur 10, l’agresseur est une personne connue de la victime (conjoint, ex, ami, membre de la famille).

    📉 L’invisibilité des chiffres : les taux de plainte réels

    L’entonnoir judiciaire : Sur l’ensemble des femmes se déclarant victimes de violences de la part de leur partenaire ou ex-partenaire, seules 14 % à 20 % franchissent la porte d’un commissariat pour déposer une plainte formelle. Plus de 80 % des violences restent donc juridiquement invisibles.

    Le paradoxe de la plainte selon la nature de la violence :

      • Les forces de l’ordre enregistrent une écrasante majorité de plaintes pour violences physiques (64 %).

      • Les plaintes pour violences psychologiques, verbales ou harcèlement ne représentent que 31 % des procédures.

      • Les plaintes pour violences sexuelles conjugales ne représentent que 5 % du total.

    Le constat clinique : Les femmes osent porter plainte pour ce qui laisse des marques bleues ou des plaies (le physique). Les violences psychologiques (manipulation, dénigrement, contrôle coercitif, menaces) sont si insidieuses que les victimes mettent des années à les identifier comme des délits répressibles, ou n’osent pas porter plainte par peur de ne pas être crues, faute de preuves matérielles.

    Briser le silence pour rendre le crime enfin visible : nous vous croyons

    Ne nous mentons pas, l’État ne connaît pas les vrais chiffres des violences de genre. Les statistiques officielles ne sont que la partie émergée d’un iceberg de terreur et d’emprise. Si toutes les femmes qui subissent l’enfer du contrôle coercitif, du harcèlement et de la destruction psychologique osaient franchir les portes d’un commissariat aujourd’hui, les chiffres exploseraient. Nous réaliserions collectivement à quel point la situation est catastrophique, systémique et urgente. Les violences psychologiques ne sont pas des « disputes de couple », ce sont des infractions pénales. Ne pas aller porter plainte, se taire, c’est, malgré soi, protéger le système des bourreaux et leur accorder l’impunité dont ils se nourrissent afin de maintenir leur emprise. Pour que les violences invisibles deviennent enfin visibles aux yeux de la justice et de la société, la parole doit se transformer en acte judiciaire. Osons parler, osons dénoncer, osons porter plainte. C’est la seule manière de détruire les murs invisibles de la prison du huis-clos.

    L’impact invisible : les enfants au cœur du système d’emprise (données 2026)

    En victimologie clinique, le concept d’enfant « témoin » de violences conjugales est obsolète. L’enfant qui grandit dans un foyer régi par le contrôle coercitif et la manipulation est désormais appelé une victime directe. Il respire l’anxiété du système, s’adapte à la terreur silencieuse et subit ce que l’on appelle un trauma développemental complexe.

    Voici la réalité chiffrée, trop souvent occultée, de l’impact de ces violences sur les mineurs en France :

    🚨 Les co-victimes des féminicides

    • Chaque année, entre 15 et 30 enfants sont directement tués par un parent dans le cadre de séparations conflictuelles ou de violences conjugales (infanticides).
    • Lors d’un féminicide, on estime qu’environ 100 à 150 enfants se retrouvent instantanément orphelins de mère (tuée) et de père (incarcéré ou suicidé).
    • Dans plus de 10 % des cas, les enfants sont présents dans la pièce ou dans la maison au moment exact du crime, subissant un choc traumatique immédiat et irréversible.

    🧠 Les chiffres du traumatisme au quotidien

    • On estime que près de 4 millions d’enfants en France vivent ou ont vécu au sein d’un couple dysfonctionnel marqué par les violences (physiques ou psychologiques).
    • Un enfant vivant dans un foyer violent présente un risque 3 fois plus élevé de développer des troubles du comportement, de l’anxiété sévère, des dépressions juvéniles ou des conduites addictives à l’adolescence.

    Le chiffre noir de la manipulation : Dans les cas de profils pervers narcissiques, les enfants sont utilisés comme des outils de chantage ou des « objets-otages » lors de la séparation. L’aliénation parentale et l’instrumentalisation concernent des milliers de procédures familiales chaque année, mais restent quasi invisibles dans les statistiques judiciaires par manque de formation des maillons de la chaîne de protection.

    Protéger l’enfant, c’est réparer l’adulte de demain

    L’enfant ne comprend pas les théories cliniques, mais il capte la moindre variation de tension dans l’air. Face à un parent manipulateur pervers ou violent, il met en place des mécanismes de survie incroyables : il se sur-adapte, devient le parent de son propre parent (parentification), ou se mure dans un silence protecteur. Si les institutions peinent encore à comptabiliser ces violences invisibles, c’est parce que le symptôme de l’enfant est souvent discret. Une baisse des résultats scolaires, un repli sur soi, des maux de ventre chroniques ou, au contraire, un enfant sage trop parfait : voilà comment s’écrit la détresse sous emprise. Vous n’avez pas besoin d’être un parent parfait pour contrer l’effet d’un parent toxique. Il suffit d’être un parent-ancrage. Un parent qui valide les émotions de l’enfant (« Tu as le droit d’avoir peur, tu as le droit d’être en colère »), qui refuse le mensonge systémique et qui offre un espace de sécurité où la vérité peut être dite sans danger. Protéger un enfant, ce n’est pas lui cacher la réalité par un silence de plomb, c’est lui donner les mots pour qu’il ne grandisse pas en pensant qu’il est responsable de la folie des adultes. En osant regarder la vérité en face, en brisant le secret et en demandant de l’aide — que ce soit par le soin thérapeutique et/ou le recours juridique — vous coupez les fils de la transmission transgénérationnelle du trauma. Les enfants ont le droit de n’être que des enfants. Rendons-leur leur insouciance, car guérir l’enfance, c’est désarmer les Vilains de demain.

    Juillet 2026

    Rapport de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire

    des violences sexuelles incestueuses

    Le rapport de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire de l’inceste parental a été rendu public le 9 juillet 2026. Il met en lumière un déni sociétal massif vis-à-vis de l’inceste et révèle des défaillances à chaque maillon de la chaîne pénale. Le rapporteur propose 49 recommandations pour lutter contre ce « crime de masse ». Au total :

    • 132 personnes entendues
    • près de 200 contributions écrites
    • plus de 100 heures d’auditions

    Pour la première fois, ces constats sont formulés officiellement par une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale. Et ces constats sont sévères. Le rapport parlementaire parle d’une véritable « loterie judiciaire ». Les dysfonctionnements de la justice face à l’inceste ne relèvent pas d’erreurs isolées, mais d’un problème systémique.

    • Près de 11 % des Français déclarent avoir été victimes de situations incestueuses, faisant de l’inceste « l’une des formes les plus répandues de violences faites aux enfants».
    • Dans 81% des cas, l’agresseur est un membre de la famille.
    • Les violences sexuelles débutent très tôt. En moyenne, les vistimes avaient 8 ans et demi au début des violences.
    • Les agresseurs sont des hommes dans 97% des cas (et dans 81% des cas il est majeur)
    • Le plus souvent, les agresseurs sont : les pères (27%), les frères (19%), les oncles (13%), les amis des parents (8%) ou les voisins de la famille (5%).
    • 9 victimes sur 10 (89%) ont développé des troubles associés au psychotraumatisme ou trouble de stress post-traumatique. 

    Ce rapport vise ainsi à documenter ces défaillances et à proposer une réforme d’ensemble de la protection des enfants victimes et des parents protecteurs. Depuis des années, les associations décrivent les mêmes mécanismes :

    • Des enfants qui ne sont pas protégés malgré leurs révélations
    • Des enquêtes insuffisantes
    • Des expertises contestables
    • Des mères protectrices poursuivies
    • Le maintien du lien avec le parent mis en cause

    « La parole de l’enfant qui dénonce l’inceste n’est pas suffisamment entendue ; elle est parfois même étouffée ». Avec 97 % d’hommes (dont 81 % sont majeurs) parmi les agresseurs, l’inceste est le paroxysme de la domination masculine, d’autant que les violences incestueuses s’accompagnent souvent d’autres violences intrafamiliales. Le rapport souligne également l’impact de la pédocriminalité en ligne, qui contribue à une culture de l’inceste, et rappelle que « moins de deux parents sur dix ont tenté de protéger leur enfant après la révélation des violences ». Avec 130 000 enfants victimes chaque année de viol incestueux mais seulement 380 condamnations en 2024, la chaîne pénale faillit à toutes les étapes : de l’audition de l’enfant, conduite dans des conditions insatisfaisantes aux experts judiciaires insuffisamment formés… 

    >> Lire le rapport de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, présidée par la députée Maud Petit (9 juillet 2026) >> cliquez ici

    La structure asymétrique de la violence : nommer la réalité clinique

    Pour comprendre l’emprise et la dynamique des « Vilains » dans le monde réel, la clinique doit accepter de regarder les faits dans leur universalité. On entend parfois que la violence n’a pas de visage, qu’elle est universelle, ou qu’elle touche les couples de manière interchangeable. C’est une erreur d’analyse qui empêche de soigner correctement. Si le conflit conjugal peut être réciproque, la violence systémique de domination, elle, est massivement asymétrique. Les chiffres de la criminologie et de la victimologie s’entêtent, année après année, à dresser le même constat : plus de 85 % à 90 % des auteurs de violences conjugales, de contrôles coercitifs et d’agressions sexuelles, sont des hommes.

    Ce n’est ni une opinion ni un parti pris : c’est une réalité statistique et clinique.

    L’explication clinique : pourquoi est-ce un problème de genre ?

    En psychologie, nous ne lions pas cette statistique à une nature biologique, mais à une construction psychologique et sociale. La figure du prédateur ou du manipulateur ne naît pas du hasard ; elle se nourrit de leviers spécifiques :

    • Le privilège de la propriété : Le système de l’emprise repose sur la croyance inconsciente (et culturelle) que l’autre est une extension de soi, une propriété qu’on a le droit de contrôler, de régenter et de punir.

    • L’idéalisation de la domination : Là où la vulnérabilité et l’expression des émotions sont parfois bridées chez les hommes dès l’enfance, la colère et le contrôle sont valorisés comme des attributs de pouvoir. Le passage à l’acte devient alors le moyen ultime de restaurer une défaillance narcissique.

    • Le huis clos de l’impunité : Le bourreau utilise la force physique ou la terreur psychologique pour asseoir une gouvernance privée. Cette mécanique de prédation s’appuie structurellement sur un rapport de force asymétrique.

    Sortir de la neutralité pour protéger : regarder le mécansime en face

    Dire que la violence est majoritairement masculine n’est pas un blâme jeté à un genre ; c’est une clé clinique indispensable pour désarmer les bourreaux et protéger les victimes. Se réfugier derrière une neutralité de façade (« il y a de la violence des deux côtés ») est un angle mort thérapeutique qui participe, inconsciemment, à maintenir le secret et l’impunité. Pour aider une victime à sortir de la culpabilité et de la honte, il faut nommer le système qui l’écrase. Le contrôle coercitif n’est pas un problème relationnel, c’est un acte de prédation. En identifiant précisément la source et la mécanique du pouvoir, nous donnons aux femmes et aux enfants les outils pour décoder l’emprise, s’en détacher et enfin rebâtir leur identité sur une terre saine. Regarder les chiffres en face, c’est le premier pas pour faire évoluer notre société.

    La dérive des « Vilains » masculinistes : de l’emprise privée au terrorisme misogyne

    Si le traitement de l’emprise en cabinet se concentre souvent sur la cellule du couple, la psychopathologie moderne doit analyser un phénomène sociétal global : la radicalisation masculiniste. Ce mouvement ne relève plus de frustrations individuelles isolées, mais d’un système idéologique structuré. En Criminologie, nous assistons à la conceptualisation du « terrorisme misogyne », une haine théorisée et industrialisée visant à réaffirmer une domination masculine perçue comme « perdue ».

    La réalité du terrain : exemples et chiffres chocs

    La haine de genre et la culture du contrôle se déploient à l’échelle internationale à travers des canaux d’une violence inouïe :

    • Le marché de la violence (Brésil) : À l’étranger, la sous-culture des Incels (célibataires involontaires) et des groupes suprémacistes masculins a franchi un cap commercial alarmant. Des réseaux clandestins et des « coachs en séduction » extrémistes proposent des cours numériques et des guides pratiques enseignant explicitement comment agresser ou punir physiquement les femmes qui disent non, théorisant le viol et la correction physique comme des outils de rééducation légitimes des femmes.

    • L’industrie de la pédocriminalité en ligne : La prédation et l’objectisation commencent dès l’enfance. L’essor des plateformes d’analyse (comme les rapports de la plateforme PHAROS en France) démontre une réalité catastrophique : le visionnage et le trafic de contenus pédopornographiques et d’abus sexuels sur mineurs génèrent des millions de vues quotidiennes dans le monde. Plus de 95 % des consommateurs et des producteurs de ces images de torture sexuelle sur les enfants sont des hommes, alimentant une industrie mondiale de la déshumanisation.

    • Le cybersexisme de masse (France) : En France, les données du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) révèlent que les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’amplification des discours de haine. Le cybersexisme est désormais la première forme de discours de haine en ligne, et 84 % des victimes de cette violence numérique ciblée sont des femmes. Ce bombardement d’algorithmes masculinistes s’attaque en priorité aux jeunes générations pour normaliser la culture du viol et le dénigrement systémique.

    L’analyse psycho-clinique : le mécanisme de la déshumanisation

    Pourquoi ces hommes basculent-ils dans cette haine organisée ? Sur le plan psychologique, le masculinisme radical est une pathologie du lien et une faillite narcissique massive.

    • La projection de l’impuissance : L’agresseur masculiniste est incapable de gérer sa propre vulnérabilité ou ses échecs relationnels. Au lieu d’assumer sa fragilité, il projette la responsabilité de sa souffrance sur l’entièreté du genre féminin. La femme devient le bouc émissaire responsable de sa misère sexuelle ou sociale.
    • La désindividualisation (l’effet de meute) : En s’enfermant dans des communautés en ligne (la Manosphère), l’individu délègue sa conscience morale à un groupe. La femme n’est plus un sujet doté d’émotions et de droits, elle est réduite à un objet, une cible, un relief à soumettre. Cette déshumanisation est le levier indispensable qui lève l’inhibition de la violence et autorise le passage à l’acte (harcèlement, agression, meurtre).

      Sortir de la naïveté numérique

      Le masculinisme radical n’est pas une simple tendance internet ou une crise d’adolescence numérique ; c’est une fabrique à bourreaux. En banalisant les discours de contrôle et de haine en ligne, notre société prépare activement les passages à l’acte physiques de demain. Pour quiconque lit ces lignes, parents d’adolescents, éducateurs, victimes ou citoyens, l’urgence est de comprendre que l’emprise commence par un écran. Éduquer nos enfants à l’altérité, valider la parole de nos filles, et nommer la misogynie non pas comme une opinion, mais comme une violence radicale, est un devoir d’utilité publique. Pour désarmer les « Vilains » réels, nous devons regarder la structure de leur haine en face. Ce n’est qu’en rendant ces mécanismes visibles que nous pourrons éteindre le feu de la domination et réapprendre la dignité du lien.

      Juin 2026

      Canada – Québec

      La loi « Gabie Renaud » est adoptée à l’Assemblée nationale

      Le projet de loi « Gabie Renaud », qui vise à mieux protéger les femmes contre la violence conjugale, a été adopté à l’Assemblée nationale. La nouvelle loi va permettre à une femme qui craint pour sa sécurité d’obtenir des renseignements concernant les antécédents en matière de violence conjugale d’un partenaire intime. La personne à risque devra remplir un formulaire en ligne ou dans un poste de police, qui sera analysé par la Sûreté du Québec (SQ). Les policiers feront ensuite de la recherche d’informations et celles jugées pertinentes seront communiquées à la personne. Les policiers pourront transmettre toute information qu’ils jugent pertinente, et pas seulement des condamnations, en lien avec de la violence conjugale. L’idée de cette loi fait son chemin depuis le décès de Gabie Renaud en septembre 2025, présumément tuée par son conjoint qui avait de lourds antécédents de violence conjugale. Sa sœur, Rachel Renaud, était présente en point de presse à l’Assemblée nationale pour souligner l’adoption du projet de loi. La pièce législative a reçu l’appui de l’ensemble des partis politiques. Le ministre de la Sécurité intérieure a tenu à souligner la collaboration des oppositions. La nouvelle mesure législative est inspirée de la loi de Clare qui a été adoptée en Angleterre à la suite du meurtre de Clare Wood par son ex-conjoint en 2009. Ce dernier avait des antécédents de violence envers les femmes. Plusieurs provinces canadiennes ont déjà adopté ce type de loi (comme la Saskatchewan et le Manitoba).

      Les chiffres en résumé…

      Thématique Chiffre clé Ce que cache la réalité clinique et judiciaire
      Violences psychologiques Moins de 5 % Le taux de plainte pour harcèlement moral, emprise et violences invisibles. C’est le point aveugle de la justice.
      Violences physiques / sexuelles 14 % Le taux de plainte global des victimes de violences au sein du couple.
      Violences sexuelles conjugales 1 victime sur 10 Seule une victime sur dix ose déposer plainte face à un conjoint ou ex-conjoint (viols conjugaux).
      Asymétrie de genre 97 % La part des auteurs de violences sexuelles qui sont des hommes (toutes violences confondues).
      L’effet de souffle du prédateur 5 à 10 Le nombre moyen de vies détruites par un seul agresseur (conjointes, ex, enfants, collègues, employées). Plus le prédateur a des l’influence (notoriété, argent…) plus le chiffre augmente.
      Féminicides conjugaux 1 décès tous les 3 jours En moyenne, une femme est tuée toutes les 72h par son conjoint ou ex-conjoint en France. La séparation est la phase la plus critique et la plus létale de l’emprise.
      Le compte à rebours de la violence 23 s / 2 min En France, une femme est victime de harcèlement sexuel ou d’exhibitionnisme toutes les 23 secondes, et d’un viol ou d’une tentative de viol toutes les 2 minutes.
      L’inceste en France 10 % La part de la population française victime d’inceste (soit environ 6,7 millions de personnes ou 3 enfants par classe en moyenne sur une classe de 30 élèves).
      L’âge de la première agression 10 ans L’âge moyen auquel survient la première agression incestueuse ou pédocriminelle.
      Le silence de l’enfance Seulement     3 % Le pourcentage d’enfants victimes d’inceste ou d’abus sexuels qui parviennent à parler immédiatement.
      Maltraitance infantile 1 enfant sur 5 Un enfant sur cinq est victime de violences physiques, psychologiques ou sexuelles avant ses 18 ans.
      Le coût ultime 1 décès tous les 5 jours Le rythme dramatique auquel un enfant meurt sous les coups de sa famille en France.

      Derrière chaque plainte évitée, il y a un agresseur qui conserve un casier vierge et la liberté de faire de nouvelles victimes. Le déni systémique s’arrête là où la réalité de ces chiffres commence…